Le Pavillon Noir : Programme de saison

Alternant grandes compagnies et formes plus intimes, la saison 18-19 du Pavillon Noir explore avec gourmandise tous les langages du corps en mouvement.

Ouverte le 3 octobre sur Gravité d’Angelin Preljocaj, créé le 20 septembre prochain à la Biennale de la Danse de Lyon et qui veut rien moins que « réinventer le mouvement », la programmation du Pavillon Noir, à Aix-en-Provence, se clôt en mai sur la création de Merveille, un opéra-ballet de Pierre Rigal où les danseurs, secondés par les nouvelles technologies, donnent chair à la voix des chanteurs.

Entre temps, une vingtaine de compagnies, petites ou grandes, venues de l’Afrique du Sud à la Chine en passant par l’Egypte, Israël ou le Royaume-Uni, auront dressé un inventaire de tout ce qui « peut dévier la marche du monde » et « faire vaciller le réel », comme l’espère l’éditorial de la brochure de saison. Hormis Gravité, présenté au Grand Théâtre de Provence puis repris du 3 au 6 avril 2019 au Théâtre de la Criée à Marseille, l’essentiel des représentations, soit au total une cinquantaine de levers de rideau, aura lieu au Pavillon Noir, ré-ouvert en cette rentrée après une séquence travaux qui l’a doté d’une belle extension signée Rudy Riciotti.

Au chapitre des créations on ne manquera pas, du 20 au 23 novembre, le mystérieux Ghost, hommage rendu par Preljocaj à Marius Petipa dont on célèbre le bicentenaire de la naissance, offert en lever de rideau de la reprise de son Still Life (lire notre critique).

Très attendu aussi, Larmes Hadid du Libanais Walid Aouni, chorégraphe et plasticien en résidence au Pavillon Noir, est consacré à la grande architecte irakienne Zaha Hadid, qui s’inspire régulièrement du corps humain pour concevoir ses bâtiments.

Les 9 et 10 novembre, on guettera la nouvelle pièce du Japonais Hiroaki Umeda, Median, qui mixe danse, vidéo, son et processus informatique « dans l’objectif d’une fusion organique des sphères, au plus près de l’échelle des atomes ».

Le jeune public n’est pas oublié avec la relecture chorégraphique par Émilie Lalande, interprète du Ballet Preljocaj, du magnifique Roi et L’Oiseau de Paul Grimault, du 20 au 22 décembre. Enfin, Hervé Chaussard, artiste associé jusqu’à la fin 2018 au Ballet, présente les 18 et 19 octobre Mystik, transcription détonante d’une expérience paranormale visuelle et sonore, vécue par l’artiste…

Parmi les spectacles accueillis en tournée, les valeurs sûres, comme la Giselle de Dada Masilo ou le Noé de Thierry Malandain (lire notre critique), côtoient les oeuvres plus pointues, tels le pictural Endo de David Wampach, Red de Wen Hui (lire notre critique) ou encore Unsichtbarst de  la Suissesse Anna Huber, chorégraphe et plasticienne également en résidence au Pavillon Noir.

Si l’on ajoute à ce séduisant casting les noms - et les pièces - de Rocio Molina, Joseph Nadj, Mathieu Desseigne-Ravel, le duo Wang - Ramirez, Annamaria Ajmone, Sharon Eyal & Gai Behar, Wayne McGregor et Oona Doherty, force est de conclure, avec le maître des lieux : « tous ces projets font émerger l’idée que l’Art peut nous restituer le vrai poids du monde ».

Isabelle Calabre

Saison 2018 / 2019 - Pavillon Noir

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