Dansons sous la pluie, avec la Maison de la Danse

Amour, émotion, audace et imprévus : tels sont les thèmes qui seront déclinés tout au long de la saison 2021-2022 par la Maison de la Danse de Lyon. 

C’est sous le signe de l’amour que la Maison de la Danse fait sa rentrée : le Ballet de l’Opéra de Lyon vient en voisin interpréter l’une des plus belles pièces de Mats Ek, la bouleversante variation sur la vie de couple de Solo for two, accompagnée de l’entrée au répertoire de N.N.N.N. de William Forsythe et de la reprise de la Grosse Fugue d’Anne Teresa de Keersmaeker.

Ce florilège est à l’image d’une programmation riche et séduisante, où les grands noms de la danse côtoient les jeunes talents. Sont ainsi annoncés Angelin Preljocaj, qui présentera sonfascinant Lac des Cygnes créé en 2020 (lire notre critique); William Forsythe, présent pour la première fois avec ses danseurs à la Maison de la Danse dans A Quiet Evening of Dance (lire notre critique)  – un ballet qui porte à merveille son titre  –, José Montalvo et sa très attendue Gloria, portrait exubérant d’une femme qui danse et hommage à tous les artistes chorégraphiques, sur la musique de Vivaldi ; le retour de la Batsheva Dance Company avec l’explosif Hora d’Ohad Naharin ; le programme mixte Sidi Larbi Cherkaoui – Andonis Foniadakis (Minimal Maximal) du Grand Théâtre de Genève.

L’icône Carolyn Carlson est invitée avec sa dernière création The Tree (lire notre critique), une réflexion poétique sur l’avenir de la planète, tandis que Maguy Marin reprend son puissant Umwelt, toujours d’actualité, sur le monde contemporain. Emmanuel Gat embarque le public dans son jubilatoire Lovetrain 2020 (lire notre critique), et Mourad Merzouki confronte les danses urbaines au souffle du vent dans sa nouvelle pièce Zéphyr.

Venus également du hip hop, Fouad Boussouf, nouvel artiste associé à la Maison de la Danse, confronte les corps de ses danseurs à la culture gnawa marocaine dans Näss (Les gens) (lire notre critique), Amala Dianor, lui aussi artiste associé, interprète son formidable duo Extension avec BBoy Junior ainsi que son trio Point Zero (lire notre critique) avec Johanna Faye et Mathias Rassin, et les compagnies Femme fatale et Mazlfreten se produisent dans une édition exceptionnelle du Golden Stage Tour (Ensemble). 

La jeunesse, celle des interprètes, des auteurs ou du public, est aussi à l’honneur. A commencer par le spectacle Urgence, où cinq danseurs issus du projet Babel 8.3 initié en 2015, se sont pris au jeu de la création, avec Antoine Colnot et Anne Rehbinder de la compagnie HKC sous le regard chorégraphique d’Amala Dianor. La génération Z de la danse coréenne est conviée par Eun-Me-Ahn à imaginer son futur dans Dragons tandis que les adolescents du Groupe Grenade, de Josette Baïz, dénoncent les dangers menaçant la nature avec la fable écologique Baobabs (lire notre critique).

Amala Dianor a par ailleurs confié à une jeune danseuse, Nangaline Gomis, une version féminine de son solo fondateur Man Rec, rebaptisé Wo-Man. En outre, la Maison de la danse s’engage en faveur de la jeune création au travers du festival Sens Dessus Dessous, au cours duquel Jeanne Brouaye et Maëlle Reymond, deux artistes de la région Rhône-Alpes, présenteront leurs travaux aux côtés de la fine fleur de l’avant-garde chorégraphique internationale (Alan Lucien Oyen, Youness Aboulakoul, Adi Boutrous, le collectif A/R, Jan Martens, Kaori Ito).

Côté jeune public, Thomas Lebrun invite petits et grands à un voyage musical et dansé baptisé Dans ce monde (lire notre critique), et le duo de choc Béatrice Massin - Dominique Hervieu propose leurs deux irrésistibles Fables à la Fontaine.

Au fil de l’année 21-22, d’autres plaisirs, et surprises !, attendent les spectateurs dont le flamboyant Passage to Bollywood du Navdhara India Dance Theatre, le voyage au cœur du Fandango ! proposé par David Coria et David Lagos, le programme mixte des Brésiliens de la Sao Paulo Dance Company ou l’incandescent ab (intra) de la Sydney Dance Company.

Citons pour finir la seconde pièce des acrobates du Galatctik Ensemble, artistes associés à la Maison de la Danse, qui promettent avec Zugzwang de faire de la scène un espace surréaliste et imprévisible. Tout un programme ! 

Isabelle Calabre

Maison de la danse, pôle européen de création, Lyon. Dates et informations sur maisondeladanse.com

Image de preview - UMWEL Maguy Marin  © HerveDeroo

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