« Swing Museum » de Fattoumi Lamoureux

La première création tous publics d’Eric Lamoureux et Héla Fattoumi rebondit sur Oscyl, dans un solo onirique et apaisé.

Un Oscyl peut en cacher un autre... Ces figures inspirées de Hans Arp et sa sculpture Entité Ailée, émanations anthropomorphes d’une abstraction très animée, rencontrées avec bonheur dans Oscyl de Fattoumi Lamoureux, reviennent ici sous une autre forme, et dans une autre couleur. Dans Oscyl, la création précédente [lire notre critique], les sculptures (également nommées Oscyl) étaient grises. Dans Swing Museum, elles sont blanches et de tailles différentes, représentant trois âges de la vie: L’enfance, l’adolescence et l’âge adulte.

Nous sommes dans un musée, dans la salle Jean d’Arp éventuellement. Le gardien s’endort et dans son rêve, les sculptures s’animent. La blancheur de la salle et des sculptures, le pastel bleu de l’uniforme... tout crée une ambiance douce et hors du temps. La danse du gardien avec les sculptures peut commencer, et celles-ci possèdent les mêmes qualités kinésiques, voire la même animation mystérieuse que les Oscyl originaux.

La sculpture révèle le corps

Comme dans Oscyl, les sculptures, construites sur le système du culbuto, deviennent des agrès et révèlent le corps humain, en élargissant ses possibilités architecturales. Elles oscillent, tournent en horizontale ou pendulent, dans une liberté apparente, et le gardien est aussi étonné de ses rencontres avec les sculptures mouvantes que les spectateurs.

Il tente même d’intégrer la famille des Oscyl, après quoi il s’évade vers des forêts, imaginaires et en images. Car chaque Oscyl possède son trou, qui agit ici telle une porte ouverte sur nos rêves. En allant au bois, notre gardien (Jim Couturier, par ailleurs l’un des interprètes d’Oscyl) se transforme en hérisson aux accents de breakdance, et sait donc danser sur deux cordes sensiblement différentes.

Galerie photo © Laurent Philippe

Swing et décélération

Tant que le gardien se meut en son monde intérieur, les sculptures possèdent le swing évoqué dans le titre, dans une ambiance onirique et sensorielle. Mais finalement, les sculptures retrouvent, par le jeu d’acteur, leur poids réel. Lequel, paradoxalement, est un poids fictif. Le retour au réel arrive par une douce voix féminine qui annonce que « La direction du musée prie son personnel de revenir à la raison. » Pourtant, les transgressions du gardien restaient bien sages, si bien que la pièce mériterait une dose de « swing »  supplémentaire, énergie qui aurait pu venir directement d’Oscyl.

Dans l’ensemble cependant, Swing Museum vise juste. La volonté d’offrir aux jeunes spectateurs une bulle de sensorialité augmentée est ici la même que chez Christian Rizzo qui vient également de créer sa première pièce tous publics [lire notre critique], dans la même volonté d’ouvrir d’autres espaces intérieurs que ceux qui sont traversés par le zapping et l’hypermotricité. Cette décélération salutaire par des spectacles chorégraphiques (à ce titre, on peut aussi citer l’installation Dolldrums, lire notre article ) ressemble certes à une goutte d’eau dans un océan, mais il ne tient qu’aux programmateurs d’en multiplier les effets.

Thomas Hahn

Spectacle vu  le 5 février au Théâtre Mansart, Dijon

Dans le cadre du Festival À Pas Contés, en partenariat avec Le Festival Danse à Dijon, CDCN Art Danse Dijon Bourgogne Franche-Comté

Prochaines représentations : MA Scène nationale, Pays de Montbéliard

mardi 27 fév : 1 séance scolaire (14h15)

mercredi 28 fév : 1 séance scolaire (10h) + 1 séance famille à 16h30

jeudi 1 mars : 2 séances scolaires (10h – 14h15)

vendredi 2 mars : 2 séances scolaires (10h – 14h15)

samedi 3 mars : 1 séance famille (11h)

 

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