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”Dans ma cuisine, un désert ?” – Christian et François Ben Aïm/Mariette Navarro

Sous ce titre mystérieux en forme de question, les frères Ben Aïm conçoivent un spectacle à destination du jeune public qui examine avec humour et gravité la problématique de l’eau en s’appuyant sur les mots de Mariette Navarro et interprété par un duo de danseurs qui mélangent avec bonheur hip-hop et acrobatie.

C’est la troisième fois que Christian et François Ben Aïm mettent leur savoir-faire au service du jeune public sans jamais abdiquer leur exigence artistique. « Dans ma cuisine, un désert ? » offre une lecture qui fait mouche aussi bien auprès des plus jeunes que des adultes.  Au centre de cette pièce, une interrogation sur l’eau, cet élément essentiel, principe vital dont la répartition sur terre est inégale, essentielle à la vie mais qui peut aussi devenir hostile voire meurtrière quand elle se déverse en abondance ou sort de son cours. Les images de ces cataclysmes sont aujourd’hui habituelles. L’eau est au centre de la présence de l’homme sur terre et pourtant, il ne la ménage pas, n’hésite pas à la polluer sans souci du lendemain.


C’est dire que cet enjeu écologique nous concerne tous. Si le spectacle explore cette thématique il le fait avec légèreté et humour. Sur plateau, une table en L comme une métonymie de la cuisine annoncée dans le titre et assis sur une chaise, Jules Sadoughi, acteur et acrobate, formé au centre National des Arts du cirque de Châlons-en-Champagne. Affalé, il bouge tel un pantin désarticulé dans un équilibre toujours précaire.

La dynamique du spectacle se déploie en illustrant une multitude de questionnements sur l’eau. C’est là que le mouvement se dérobe : « Il nous a semblé pertinent, et comme un beau défi, d’intégrer à notre écriture d’autres moyens d’expressions pour dire cette variété, explorer le tissage entre notre écriture instable de l’imprévu et le geste acrobatique… » expliquent Christian et François Ben Aïm. 

En découle une fluidité permanente qui sert la thématique. Louise Hardouin qui rejoint Jules Sadoughi sur scène vient aussi du cirque, issue de l’Académie Fratellini. Ce choix d’interprètes circassiens confère au spectacle une dynamique constante. Ils passent d’une séquence à l’autre dans un mouvement continu où l’acrobatie n’est jamais gratuite mais illustre une situation.  Les mots de Mariette Navarro résonnent avec bonheur. Elle manie la langue avec humour et poésie inventant des cascades d’allitérations désopilantes dont l’eau sous toutes ces formes est le dénominateur commun. Louise Hardouin et Jules Sadoughi se les approprient avec aisance. Les sons créés par Patrick de Oliveira renforcent par moments une montée de l’inquiétude, notamment avec ces bruits qui évoquent des tempêtes de sable et cette avancée irrépressible du désert.

Galerie photo © Berpa

Ce désert qui éclaire le titre avec le risque que le sable finisse par tout emporter comme il se déverse sur la scène. Mais il n’y a rien de mortifère dans le spectacle de François et Christian Ben Aïm. À l’inverse, il nous sert un matériau précieux et infiniment poétique pour élargir le champ de nos préoccupations et secouer nos consciences.  

Jean-Frédéric Saumont
Vu le 18 février 2026 aux Plateaux Sauvages (Paris 20°).

Distribution :
Chorégraphie : Christian et François Ben Aïm.
Texte et dramaturgie : Mariette Navarro.
Composition musicale : Patrick de Oliveira.
Interprétation : Louise Hardouin et Jules Sadoughi.
Lumières : Laurent Patissier.
Costumes : Aurore Thibout.

En tournée :
Du 12 au 14 mars 2026 : L’Orange bleuseà Eaubonne (95).
Les 29 et 30 mars 2026 : Le Figuier Blanc à Argenteuil (95).
Le 26 Avril 2026 : Fête du livre jeunesse de Villeurbanne (69)
les 28 et 28 mai 2026 : Théâtre des Bergeries à Noisy-le-Sec (93).


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