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A Lyon, les femmes « Sens Dessus Dessous »

La Maison de la Danse consacre la nouvelle édition du festival Sens Dessus Dessous aux chorégraphes femmes... et impertinentes !

Radicales, décalées et inventives. Voilà les qualités que Dominique Hervieu attribue aux chorégraphes de la 6e édition de son festival Sens Dessus Dessous qui se déroule à la Maison de la Danse, à Pôle en Scènes (Bron) et au Musée des Confluences. Et plus encore : Sens Dessus Dessous s’emploie cette année à demander quelles sont les chorégraphes qui se situent, aujourd’hui, dans les sillons creusés par les grandes pionnières des temps où le fait d’être femme faisait d’une chorégraphe une révolutionnaire en soi, de Mary Wigman à Martha Graham.

D’où le choix, par exemple, de présenter une guerrière aussi aguerrie que Maguy Marin et en même temps cette nouvelle impertinente irlandaise qu’est Oona Doherty. De l’une à l’autre, les préoccupations peuvent se rejoindre quand il s’agit de se rebeller face à l’exclusion. Dans Deux mille dix-sept, Marin pointe le cynisme économique qui crée richesses et pauvreté [lire notre critique].

Et Doherty a enquêté sur les mots et les attitudes corporelles des jeunes exclus de Belfast pour composer Hope Hunt, un solo dans lequel elle épingle les stéréotypes du comportement masculin. Elle sera par ailleurs en résidence en février à la Maison de la Danse pour préparer sa prochaine création qu’elle présentera à la Biennale de la Danse 2018.

Aujourd’hui tout chorégraphe, homme ou femme, se situe dans un paysage éclaté où elle ou il trace sa route dans une recherche personnelle. Une Nacera Belaza poursuit son chemin, mais n’est pas en train de conquérir un espace particulier pour les chorégraphes femmes. Elle creuse son sillon, avec ses préoccupations personnelles qui sont aussi celles d’une femme, d’autant plus qu’elle a construit son univers en complicité avec sa sœur, Dalila. Sa Procession traversera ici les espaces du Musée des Confluences, dans une marche lente qui intègre le public [lire notre critique].

Côté engagement politique, la belle-sœur artistique de Maguy Marin, présente dans cette édition de Sens Dessus Dessous, se nomme Robyn Orlin.

Le choix de l’inviter avec And so you see... our honorable blue sky and ever enduring sun... can only be consumed slice by slice… est excellent. Voilà un solo pour l’incroyable performer Albert Ibokwe Khoza qui rappelle à quel point Orlin sait déplacer les regards et les frontières, grâce à un esprit rebelle reliant les questions d’esthétique et d’ordre politique. Cette insolence qui a fait le succès d’Orlin ressuscite formidablement dans le solo de Khoza [lire notre critique].

On verra aussi les dernières créations de Jann Gallois, Quintette [lire notre critique] et d’Aïcha M’Barek & Hafiz Dhaou, Narcose, [lire notre critique] ainsi qu’une installation vidéo in situ du collectif (La) Horde.

Et pour rendre hommage à deux véritables successeuses des Isadora Duncan ou Loïe Fuller, la journaliste Marie-Christine Vernay présentera des conférences sur Maguy Marin et Robyn Orlin (entrée libre sur réservation). Et ce sont là des choix qui, par l’engagement humain et politique des chorégraphes,  ne relèvent évidemment pas du hasard.

Thomas Hahn

Maison de la Danse - Festival Sens Dessus Dessous, 6e edition

Du 22 février au 5 mars

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