Wayne McGregor, « AutoBiography »

Le Pavillon Noir met à l’affiche cette semaine AutoBiography, de Wayne McGregor. L’occasion d’explorer les sources d’inspiration de ce virtuose du mouvement, dont le talent et les ballets sont réclamés dans le monde entier.

« Cette pièce que j’ai créée avec ma compagnie s’appelle AutoBiography, mais toute autobiographie n’est pas nécessairement nostalgique ou commémorative », commente le chorégraphe. « L’histoire de votre vie est la somme de vos impressions et de vos expériences, de ce que vous avez lu ou pensé, des personnes que vous avez rencontrées. Elle se déploie et existe à travers le temps. Pourtant, lorsqu’il est question de la retranscrire, on attend de vous qu’elle soit correctement ordonnée dans le temps et agencée de façon à offrir un sens narratif cohérent. »

Autant dire qu’on ne doit pas s’attendre, de la part du Britannique, à une présentation linéaire qui illustrerait par la danse quelques-unes des séquences ayant marqué son existence et ses créations. Comme à l’habitude, sa démarche est à la fois plus abstraite et plus proche de la réalité des corps. Ce passionné de science et de génétique a, il y a quelques mois, demandé à des chercheurs d’analyser son propre ADN. Il a ensuite mis en lien chacune de ses vingt-trois paires de chromosomes avec un des aspects de sa vie. Non à strictement parler un élément biographique, mais plutôt un état du corps correspondant à une étape clé telle que « vieillissement », « sommeil » ou « nature ».

« Je voulais explorer les différentes composantes sémantiques du mot Auto/bio/graphy », explique Wayne McGregor. « Le terme implique à la fois les notions de réflexivité sur soi-même, de vie et d’écriture. J’ai travaillé avec mes danseurs pour créer une chorégraphie à partir de plusieurs sources, certaines personnelles, d’autres historiques ou culturelles.

Pour compliquer la tâche et brouiller les pistes, il n’est pas question ici d’ordre préétabli. « Mon génome entier a été entré dans un algorithme particulier qui détermine à chaque représentation la chronologie des séquences. De cette façon, nous pouvons voir la vie en train de s’écrire elle-même », poursuit le chorégraphe. « AutoBiography constitue ainsi une sorte d’archive vivante qui jamais ne se répète. ». La pièce est donc un portrait chorégraphique inédit, une « expérience de danse » qui puise aux sources mêmes du mouvement.

Les onze danseurs combinent une extrême sophistication des gestes et un engagement physique de chaque instant, sur les rythmes à la fois electros et tribaux de la compositrice américaine Jlin. Pour plonger plus loin encore dans l’univers de l’artiste, le film Wayne McGregor : une pensée en mouvement de Catherine Maximoff est projeté en libre accès au Studio Boassati les mardis 15 et mercredi 16 de 15h à 19h. Il éclaire comment, entre sciences cognitives, imagerie informatique et technique classique, Wayne McGregor a construit son langage chorégraphique.

Isabelle Calabre

A voir les 15 et 16 janvier à 20h au Pavillon Noir, Aix-en-Provence.

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