June Events : « Opium » par La Zampa

Enfin à Paris : La Zampa ont investi le Centquatre avec leur cabaret post-punk, chanté et dansé.

Opium ne cherche pas à obnubiler les sens du spectateur, mais entend plutôt répandre une odeur de soufre. Avec ses ambiances de cabaret, de poésie-action ou de concert punk, Opium procède d’irruptions et d’éruptions, à partir d’un paysage sonore et visuel apparemment apaisé.

Un poète remonté et « no future » pose son acte de paroles politisé, et il le fait avec la même verve qui surgit quand les danseuses posent leurs cuisses, rasent le sol et catapultent leurs bassins vers la verticale. Leurs gestes chorégraphiques sont incisifs comme la voix de celle, perchée en haut d’un escabeau, qui éructe des sons si étranges qu’on les croirait envoyés depuis une autre planète.

Opium commence telle une messe noire, quand quatre femmes tournent autour de  la table noire qui sera ensuite leur table de maquillage. Cette table accueillera tous leurs changements de costumes, de maquillage et de coiffure, tout se faisant à vue. Amazones en terrain rimbaldien, elles se transforment en couple d’amoureuses style new burlesque, les visages grimés de rouge,  ou bien en ballerine roulant des yeux comme dans un manga.

Photos © Sandy Korzekwa

En meneur et meneuse de revue, Romuald Luydlin et Magali Milian construisent les tableaux d’Opium autour de contrastes forts entre épure et agitation, douceur et violence, humour et ambiances apocalyptiques. De tableau en tableau, le rapport danse-musique change de nature, et pourtant les deux arts ont du mal à se déclarer leur flamme.

L’équilibre et la fusion qui feraient un vrai concert chorégraphique ont du mal à trouver leurs marques dans une salle pour la danse, face à un public de danse. Il faut voir La Zampa en salle de concert, il faut boire un coup et élever sa voix de spectateur pendant que les guitares vrombissent et les danseuses défient le public…

Thomas Hahn

Vu à June Events le 13 juin 2017

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