Focus Liban à Instances : Bassam Abou Diab et Guy Nader

Under the flesh et Time takes the time time takes, deux pièces qui font vibrer.

Dans le cadre du focus Liban du festival Instances et après la fascinante Yara Boustany (lire notre critique), le danseur et chorégraphe Bassam Abou Diab a présenté Under the flesh dont l’histoire décrit les possibles survies lorsque la bombe explose. « Êtes-vous conscients du danger dans lequel vous êtes à l’instant ? Ce n’est pas important, mais ce qui est vraiment important c’est comment votre corps va réagir à la douleur. Je vais vous raconter mes expériences et ma relation avec la bombe » explique Bassam Abou Diab dont les mots sont traduits en français par Joëlle Herforth.

Accompagné par le son du tabla de Ayman Sharaf El Dine, le danseur et conteur décrit par le mot et le mouvement dansé les différentes stratégies qu’il aurait utilisé dans son pays en guerre pour échapper au pire. « Capituler, tomber et se rendre à la force. Bouger les articulations circulaires… Et ainsi, toujours vivant, je suis devenu Superman ».

Il est vrai que le début de la pièce est terrifiant, mais, la réelle complicité qui s’installe entre les trois protagonistes et la chorégraphie qui oscille entre tradition et danse contemporaine, font apparaitre un humour au second degré absolument délirant. 

Un opus tout à fait original qui démontre que l’on peut rire de tout. 

Ensuite, dans la grande salle de l’Espace des Arts, le libanais Guy Nader et l’espagnole Maria Campos dont leur compagnie est installée à Barcelone, ont offert avec Time takes the time time takes, un éblouissant hommage au temps qui passe.

Avec pour base la notion du balancier, c’est toute une symphonie de mouvements de balancements qui se déploient sous toutes leurs formes. 

Cette mécanique d’horlogerie est configurée de un à cinq danseurs grâce à de légères impulsions, d’un poids du corps ou d’un enchainement de déplacements. Ainsi, ce sont des dizaines de trouvailles toutes plus étonnantes les unes que les autres qui se révèlent comme si tout cela était extrêmement facile à réaliser. 

D’une combinaison à l’autre, les cinq formidables interprètes s’imbriquent, se croisent, s’emboitent et se lâchent sans jamais émettre le moindre geste saccadé.

Galerie photo © Ruben Vaizquez et Alfred Mauve

D’images très esthétiques et sculpturales, la notion du temps se termine avec une roue de l’univers qui n’arrête jamais de tourner. Un exploit d’équilibre et de maitrise du corps. 

Guy Nader et Maria Campos déclinent le temps de façon féérique par le biais d’une danse totalement envoutante. Magnifique !

Dans la rotonde, à l’issue des représentations, Konick & P’tit Luc ont fait danser jeunes et moins jeunes dans une réelle ambiance de fête sur les sonorité orientales d’un mix électro. 

Sophie Lesort

Vu à Chalon le 15 novembre dans le cadre du Festival Instances

Under the flesh

Chorégraphie et direction : Bassam Abou Diab
Interprètes : Bassam Abou Diab, Ayman Sharaf El Dine
Musique : Ayman Sharaf El Dine
Traduction : Joëlle Herforth

Time takes the time time takes

Concept : Guy Nader, Maria Campos
Direction : Guy Nader
Création, performance : Maria Campos, Guy Nader, Lisard Tranis, Magí Serra, Spela Vodeb, (Roser Tutusaus)  
Musique : Miguel Marin  
Création lumière : Israel Quintero, Lidia Ayala
Directeur technique : Conchita Pons
Costumes : Viviane Calvitti, GN, MC

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