Concordan(s)e #10 : Interview Gilles Verièpe

Gilles Verièpe crée L’Architecture du hasard avec l’écrivain Ingrid Thobois. Nous lui avons demandé comment se déroule cette expérience.

Danser Canal Historique : Avez-vous déjà pu faire une création partagée avec un écrivain ?

Gilles Verièpe : Non, c’est la première fois. Arriver au texte à travers la danse est absolument nouveau pour moi. Ce qui m’intéresse dans ce travail est que nous ne cherchons pas à surligner ou à illustrer le texte. Nous cherchons le juste milieu entre le sens du texte et l’autonomie de la danse, sans hiérarchie entre ces deux outils artistiques. Si le  sens du mot influe la danse, c’est sans être didactique.

DCH : Ingrid Thobois a-t-elle écrit son texte avant le début des répétitions ou l’a-t-elle développé au gré de vos échanges sur le plateau ?

Gilles Verièpe : Nous nous sommes rencontrés une première fois il y a un an et demi. Et dès notre deuxième ou troisième rencontre, elle a écrit un texte qui parle de nos vies respectives et qui a mis la base. Je l’ai lu, je l’ai trouvé intéressant. Nous nous sommes revus régulièrement et une relation de confiance s’est créée entre nous. J’ai lu plusieurs de ses livres et elle est venue assister aux répétitions de She-mâle et a vu d’autres de mes pièces. Ingrid a réécrit son texte il y a environ deux mois et l’a réduit. Ensuite nous l’avons encore retravaillé ensemble, dès le début de nos répétitions. Parfois elle le modifiait sur place, parfois en cogitant, à la maison. En tout, nous sommes passés par une dizaine de versions.

DCH : Votre pièce s’appelle L’Architecture du hasard. En rapport avec la danse, le terme évoque par exemple les expériences de Merce Cunningham autour de l’aléatoire. Qu’en est-il chez vous ?

Gilles Verièpe : Nous sommes partis de nos vies respectives, des hasards qui ont fait qu’elle devienne écrivain et moi, artiste chorégraphique. Nous sommes donc dans quelque chose de très humain, à travers nos chemins qui se croisent, se décroisent et un  jour, se trouvent de nouveau ensemble.

DCH : Comment s’articule votre relation sur le plateau ? Utilisez-vous des accessoires ou même une petite scénographie ?

Gilles Verièpe : Juste deux chaises, c’est tout. Au début de la pièce je suis dans une sorte de manipulation de son corps. Aussi je l’amène à la danse alors qu’elle m’amène au texte. Je dis des textes et elle danse également. C’est même moi qui dis le premier texte. Et Ingrid met ses propres mouvements en danse, si bien qu’on lui revoie toujours qu’elle est absolument à l’aise et les réactions sont les mêmes par rapport à mes prises de parole. J’y raconte ma vie, en quelque sorte.

DCH : Y aurait-il une phrase du texte qui vous vient à l’esprit, spontanément ?  

Gilles Verièpe : « A la jonction de nos hésitations. » Comment se fait-il que je suis en retard, que tu es en avance, et que les deux font que nous nous croisons ? Et puis, pourquoi suis-je moi et tu es toi, et pas l’inverse ?

Propos recueillis par Thomas Hahn

http://concordanse.com/Gilles-Veriepe-choregraphe-Ingrid-Thobois-ecrivain

Vendredi 18 mars à 19h
La Briqueterie - CDC du Val-de-Marne

Samedi 2 avril à 15h
Bibliothèque Robert-Desnos - Montreuil
(en partenariat avec le festival Hors Limites)

Vendredi 8 avril à 19h
Bibliothèque Cyrano de Bergerac - Clichy sous Bois]

Samedi 9 avril à 16h
Médiathèque de Bagnolet - Bagnolet

Dimanche 10 avril à 15h
Parc Culturel de Rentilly

Mardi 12 avril à 19h30
Maison de la poésie - Paris

Vendredi 15 avril à 19h
La Terrasse Galerie – Nanterre
 

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