Extradanse à Pôle-Sud : 30 ans, ça se fête !

Le festival sous la direction de Joëlle Smadja s’offre une édition joyeuse et festive qui trouvera l’énergie de résister à un contexte compliqué. 

Avoir trente ans à Strasbourg…
2019/20 n’est pas seulement une saison anniversaire pour le CDCN Pôle-Sud, mais aussi la 39édition du festival Extradanse ! Et ça commence en fanfare, avec un spectacle en guise de vœux, par Marco Berrettini : Sorry, do the tour. Again ! Et c’est donc reparti pour trente ans, n’est-ce pas... Berrettini remet ces musiques disco qui sont même plus anciennes que ça, et font toujours swinguer, autant qu’en 2001 quand Marco créa la version initiale de cet hommage à la piste de danse pour tous. Dix danseurs professionnels et sept figurantes, un numéro attaché dans le dos comme pour un concours, forment une bande de jeunes et de moins jeunes qui se livrent à un défi intergénérationnel. La fête est lancée. 

La fête bat son plein le lendemain, deuxième jour du festival, quand Dominique Boivin orchestre un Road Movie, pour lequel il invite Daniel Larrieu, Brigitte Seth et Roser Montlló Guberna, Louis Ziegler, Pierre Boileau, Georges Appaix… C’est une façon de répondre à l’injonction de Berrettini, car Boivin était le premier chorégraphe accueilli à Pôle-Sud alors qu’il s’agissait encore d’une Maison des Jeunes et de la Culture. Avec toutes ces personnalités réunies, qui manient le deuxième degré artistique comme si c’était leur style de vie permanent (ça l’est, pour certain.e.s, plus ou moins), la soirée se déroulera dans la bonne humeur et dans l’excellence. 

Et la fête continue ! Par exemple avec Sunny d’Emmanuel Gat [lire notre critique] et avec Ha! Ha ! de Maguy Marin, cette orgie de rires qui peuvent faire froid dans le dos, vus de l’extérieur mais font chaud aux cœurs qui profitent de l’absence de toute contradiction. On peut rire de tout, surtout quand on se moque des absents, avec ses copains. Marin transforme ces éruptions de mauvais goût en une partition musicale. 

Et on pourrait croire que la fête serait au rendez-vous avec Mark Tompkins, ce danseur-acteur-chanteur qui aime, lui aussi, les univers délirants. En plus, son nouveau solo s’appelle Staying Alive, ce qui est aussi le titre d’un grand tube disco. Mais il y a une suite : à ma mère. Et Tompkins fête la vie dans la conscience de sa finitude. Il montre sa chair et enfile une robe de sa mère. 

La suite logique n’est autre que une maison de Christian Rizzo [lire notre critique], ce rite où on se retrouve pour accompagner le passage d’une personne aimée, où l’on danse sous une coupole qui est autant le toit d’une maison qu’une voûte céleste. Apparaissent les amis, des fantômes, la lune, du terreau et quatorze fêtards métaphysiques qui finissent par se tenir par la main et danser en cercle. 

Après quoi on va découvrir le chorégraphe Franck Micheletti (Kubilai Khan Investigations) comme DJ, himself aux platines pour mixer afro-house, cumbia et autres aphrodisiaques sonores en compagnie d’un danseur et d’un percussionniste. Ce qu’il fait sous son nom d’artiste (musical), à savoir : Yaguara. 

Les autres chorégraphes présent.e.s - Mathilde Monnier & La Ribot, Amala Dianor, Jean-Baptiste André & Dimitri Jourde...- ne refuseront pas, si l’occasion se présente, à se joindre aux festivités. On souhaite donc à Extradanse un joyeux anniversaire et trente belles années à venir, avec ou sans virus etc....

Thomas Hahn

POLE SUD - Festival Extradanse du 24 mars au 9 avril 2020

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