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Concordan(s)e : Gilles Verièpe et Ingrid Thobois

La dixième édition de Concordan(s)e se poursuit avec succès dans plusieurs lieux et son directeur, Jean-François Munnier remarque que cette année un public fidèle n’hésite pas à se déplacer assez loin de chez lui afin de découvrir ces rencontres entre danseurs/chorégraphes et écrivains.

C’est la première fois que Gilles Verièpe participe à une création partagée et il a choisi d’élaborer ce croisement avec l’écrivaine Ingrid Thobois. Ils travaillent depuis un an et demi sur ce projet. Tout d’abord au niveau du texte qu’Ingrid a écrit en se basant sur leurs vies respectives qui, étonnamment, ont de nombreux points communs, puis sur le plan de la chorégraphie alors qu’Ingrid n’a jamais dansé.

Dans la bibliothèque Robert Desnos de Montreuil, Ingrid est assise les yeux fermés. Tout en douceur, Gilles lui fait naître quelques mouvements que son corps suit comme une poupée de chiffon. Ils sont concentrés et très beaux tous les deux et déjà ils font transpirer une belle complicité. Puis, l’un et l’autre se racontent. De la naissance, « il naît cinq ans plus tôt, les yeux ouverts, déjà il dansait ». « A ma naissance, elle n’existe pas ». « Il vit dans l’ignorance de moi ».

Puis, les concordances apparaissent : « Quand je nais, il habite à Armbouts-Cappel avec sa mère directrice d’école, c’est un métier idéal. Je le sais puisque la mienne était aussi institutrice. Elles portaient toutes les deux le même prénom : France, un prénom d’enfant de guerre. »

Tout en tournant très lentement avec Ingrid, Gilles avoue avoir rencontré la danse à 9 ans. « Ciselé, précis, ordonné : du classique ». Il lui fait remarquer qu’elle a des pieds de danseuse, elle répond : « A quoi bon pouvoir faire des pointes quand on est écrivain ? Si au moins je pouvais te les donner, ces pieds ! ».

Tout cela est doux, tendre, parfaitement bien rythmé, très bien dit comme une conversation intime entre deux êtres qui n’auraient jamais dû se rencontrer. Ils sourient, se regardent, ou ferment les yeux pour mieux recevoir et ressentir les mots de l’autre.

« C’est une coïncidence, toi, moi là ? ». « Le hasard a des intuitions : petites architectures dans l’espace, dans le temps » répond-elle. Elle est gracieuse, il est prévenant.
La pièce se termine par des invitations qu’ils ont décliné chacun de leur coté pour se retrouver face à face au cinéma.

On aurait aimé que ce duo se poursuive plus longtemps afin d’entrevoir la suite de leur histoire, de mieux les connaitre l’un et l’autre tant ils sont attachants, tant la très belle écriture d’Ingrid est si bien mise en exergue par les délicieux mouvements du corps initiés par Gilles, tant ils dégagent une sérénité communicative.

Un petit bijou de bonheur, de plénitude, de littérature et de danse.
 

Sophie Lesort
Vu à la bibliothèque Robert Desnos de Montreuil

L’Architecture du Hasard : Écrivain Ingrid Thobois, Chorégraphe Gilles Verièpe  

Samedi 9 avril à 16h Médiathèque de Bagnolet - Dimanche 10 avril à 15h Parc Culturel de Rentilly - Mardi 12 avril à 19h30 Maison de la poésie (Paris) - Vendredi 15 avril à 19h La Terrasse Galerie – Nanterre
Concordan(s)e jusqu'au 15 avril - http://www.concordanse.com/
 

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