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Kidanse fête ses dix ans

Sur les routes, une fois de plus, la dixième, du 4 mars au 11 avril 2026, le festival fait halte dans des théâtres et des écoles d’une quarantaine de villes des Hauts-de-France pour offrir au jeune public vingt spectacles et un film l’invitant à la danse.

Dix ans déjà à installer des scènes éphémères au cœur des cités et des bourgades, un rendez-vous essentiel avec l’art de Terpsichore. Une nouvelle génération, un autre regard sur le monde. Une même bienveillance entre organisateurs et public, entre artistes, services culturels, personnels enseignants et familles. Kidanse prouve que la culture fait partie des droits de l’enfant. Quoi de mieux que la danse pour y donner accès ? Vingt danses, donc, cent soixante-deux représentations, quarante-trois villes et cinq départements nordistes. Des scènes nationales, des centres sociaux, des salles des fêtes, sans parler des établissements scolaires : la danse sera bel et bien dans la place.

Des œuvres, donc aussi d’autres horizons pour le jeune public, des paysages, des sources d’étonnement et de questionnement. En dix ans, Kidanse a fidélisé habitants et visiteurs du nord de l’hexagone. La manifestation a initié à l’art garçons et filles, capté leur attention pour la première fois dans un théâtre. Ces moments d’émotion, aussi brefs soient-ils, tissent les souvenirs car la danse n’est pas éphémère, comme on le croit généralement. Pour les organisateurs, miser sur l’enfance et sur l’adolescence est un acte politique. Grâce à quoi l’enfant devient citoyen avant d’avoir atteint l’âge légal. La danse en général et Kidanse en particulier continueront de rassembler des décennies encore, d’émouvoir, d’étonner et de déconcerter.

Les univers artistiques de ces festivités sont variés et destinés à des publics qui le sont autant. La danse se fait berceuse avant de s’adresser aux plus grands sous forme ludique et, le cas échéant, participative. L’enfant découvrent les notions d’immobilité, de bond et rebond, de marche, de pause, de pose, de posture, de solo, d’unisson. À un âge avancé, les pièces deviennent complexes, abordant les sujets d’identité, de genre et de mémoire. La  diversité des formes et des formats s’applique également aux plateaux accueillant les spectacles, qu’ils soient présentés frontalement, bi-frontalement ou, comme on dit de nos jours, en immersion. Autant de dispositifs que de relations avec le public. Avec le jeune public, plus précisément puisque Kidanse, au fil des ans, est devenu le plus grand festival qui leur est destiné en France.

Toutes les pièces donnent accès au monde au moyen du mouvement et au plaisir esthétique. Plusieurs manières de les distinguer et de les regrouper s’offrent à nous. On peut les classer par thèmes. S’en dégagent quelques-uns dans cette dixième édition : les contes enfantins avec, par exemple, Le Petit Prince, d’après Antoine de Saint-Exupéry ou Les Fables de La Fontaine, dont le spectacle de Robert Wilson à la Comédie-Française en 2004 reste un modèle du genre ; l’appropriation de classiques comme Casse-Noisette ou Le Sacre du Printemps ; la danse-théâtre et de la comédie musicale, si l’on pense à May B, d’après la création de 1981 de Maguy Marin, elle-même inspirée des personnages  de Samuel Beckett ou du Roi Lion, d’après le succès de Broadway de 1997 mis en scène à l’origine par Julie Taymor.

On peut aussi, tout bonnement les énumérer selon les tranches d’âge des destinataires, en partant du plus jeune pour aller au (relativement) plus vieux. Autrement dit, de Cou erture de Pauline Valentin à Sian de Tatiana Gueria Nade, en passant par : À nous deux de Claire Jenny, Le Petit B de Marion Muzac, Immobile & Rebondi #1 et #2 de Sylvère Lamotte & Betty Bone, Salti de Brigitte Seth et Roser Montlló Guberna, Phaenomena de Satchie Noro, De tête en cape de Balkis Moutashar, Qui est là ? de Mylène Benoit, Croquette d’Hélène Iratchet, Béaba de Valeria Giuga et Anne-James Chaton, Corps Sonores Juniors de Massimo Fusco, Danse à la carte de Blandine Minot, Musique de tables d’Éléonore Auzou-Connes, Emma Liégeois et Romain Pageard, La Petite soldate de Gaëlle Bourges, Blitz us de Marion Muzac, What we talk about... de Benoit Canteteau, Alice danse, danse, danse un film de Thibaut Ras sur Alice Davazoglou, REFACE - Version brute du Collectif Les Idoles, Un corps, des corps, nos corps de Julie Vuoso.

Cou erture de Pauline Valentin exhibe matières, couleurs et mouvements produisant un environnement rassurant pour la très jeune audience appelée à vivre un contact visuel et tactile. À nous deux de Claire Jenny est un duo mimant des situations de proximité et de distance. Le Petit B de Marion Muzac traite de la lettre, du son et du geste. Immobile & Rebondi #1 et #2 de Sylvère Lamotte & Betty Bone anime le dessin chorégraphiquement, passe de l’immobilité au mouvement. Corps Sonores Juniors de Massimo Fusco transforme le corps en instrument musical et rythmique. Danse à la carte de Blandine Minot invite le public enfantin à choisir lui-même les éléments chorégraphiques.

Salti de Brigitte Seth & Roser Montlló Guberna propose une approche ludique et comique de la danse, à base de répétitions et de transformations. Phaenomena de Satchie Noro use d’une impressionnante structure mobile. De tête en cape de Balkis Moutashar fait d’un simple vêtement des personnages à part entière. Qui est là ? de Mylène Benoit se joue de l’apparence et de la disparition, du clair comme de l’obscur. Croquette d’Hélène Iratchet est un solo à base de quotidien et d’humour. Béaba de Valeria Giuga et Anne-James Chaton accompagne le geste de poésie sonore.
 

Musique de tables d’Éléonore Auzou-Connes, Emma Liégeois et Romain Pageard adapte efficacement la partition musicale et chorégraphique éponyme créée par Thierry De Mey en 1989. La Petite soldate de Gaëlle Bourges évoque la figure du soldat à travers l’histoire. Blitz us de Marion Muzac est un travail de groupe traitant d’élan et d’énergie. What we talk about... de Benoit Canteteau analyse la communication, les échanges verbaux et les silences. Alice danse, danse, danse est un film de Thibaut Ras consacré à Alice Davazoglou, danseuse trisomique devenue chorégraphe avec sa pièce Danser ensemble. Qu’elles soient des reprises, des adaptations d’œuvres du passé ou totalement inédites, les pièces programmées par Kidanse ont en commun leur esprit de légèreté, de tact, de finesse.

Nicolas Villodre

Festival Kidanse, L'Echangeur  CDCN des Hauts de France, du 4 mars au 11 avril 2026
 

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