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"Aunis" de Jacques Garnier

À voir ce très beau film de Luc Riollon, Chorégraphie Jacques Garnier - Musique Maurice Pacher - Jean claude Ciappara - Wilfried Romoli - Kader Belarbi - Danseurs de l'Opéra de Paris.

Aunis, un solo à l'origine, fut créé en 1979 par Jacques Garnier. A cette époque, lui et Brigitte Lefèvre avaient pris leur distance avec l'opéra Garnier et fondé leur compagnie, le Théâtre du Silence. Un nom qui en dit long sur le désir de retrouver une danse pure, libérée du carcan de la narration et du livret. "Aunis" est un hymne à la joie retrouvée de livrer le corps au mouvement, au rythme et à la musique. En 1980, Jacques Garnier réécrit Aunis pour trois interprètes (lui-même, André Lafonta et Lari Léong NDLR) et lors de la biennale de Lyon 1988, Kader Belarbi, Wilfried Romoli et Jean-Claude Ciappara, de l'opéra de Paris, reprennent les rôles. Nous les retrouvons ici, dans ce film qui débute par un hommage à Jacques Garnier, aujourd'hui disparu : "Sourire à la vie, et dans un éclat de rire, aimer."
Fabienne Arvers
Réalisation : Luc Riolon. Production : France 2, Vidéogram Paris. Participation : ministère de la Culture et de la Francophonie (DMD, FASV), CNC, FCM, Procirep, SACD, Sacem, Adami.

AUNIS (1979)
chorégraphie Jacques Garnier
musique originale Maurice Pacher
Aunis : territoire inclus dans le comté du Poitou, l’Aunis fut délimitée comme province au XIIIe siècle, placée entre le Poitou au nord, et la Saintonge au sud (l’île de Ré en fait partie). Sa capitale est La Rochelle.

LA CHORÉGRAPHIE
À partir d’une musique traditionnelle qui est celle de la région de La Rochelle (l’Aunis), le ballet tente de retrouver le souvenir des années d’enfance bercées par le vent du large. Jacques et ses deux frères.
Les différents thèmes musicaux (une valse, un tango, une gigue) structurent la chorégraphie, qui utilise souvent des pas venus du folklore.
La création d’Aunis à La Rochelle en 1979 était une version solo (Jacques Garnier lui-même). La version en trio a été montée l’année suivante pour trois danseurs du Théâtre du Silence. En 1981, Aunis entrait au répertoire du GRCOP à l’Opéra de Paris.
En 1988, pour la Biennale de la Danse de Lyon, Jacques Garnier choisissait Kader Belarbi, Jean-Claude Ciappara et Wilfried Romoli pour une nouvelle
présentation d’Aunis (qui a été filmée par Luc Riolon, en 1994).
Depuis, Jean-Claude Ciappara a remonté Aunis pour plusieurs compagnies, dont le J.B.F. (Jeune Ballet de France des JMF), le Ballet de l’Opéra de Bordeaux, les spectacles «Jeunes Danseurs» de l’Opéra de Paris, le Ballet du Rhin et le San Francisco Ballet.
Josseline Le Bourhis
LA MUSIQUE
Pour la petite histoire, la naissance du ballet Aunis remonte à l’année 1978, où Brigitte Lefèvre offrit à Jacques Garnier, pour son anniversaire, un accordéon diatonique. L’idée vint alors à Jacques de faire un ballet sur des musiques jouées par cet instrument (plus «traditionnel» que
l’accordéon chromatique moderne et complexe d’aujourd’hui).
Jacques Garnier se mit à la recherche d’un musicien pratiquant cet instrument. Il me rencontra. J’habitais la ville voisine de Niort.
On se vit souvent pour trouver ensemble des thèmes musicaux en concordance avec la danse qu’il élaborait petit à petit (dans le studio, à La Rochelle) ou réciproquement, tel air de musique –sorti du folklore– lui inspirait une gestuelle particulière.
Ainsi est née ma «composition» qui emprunte à différentes musiques populaires et où se succèdent : la doïna (sorte de complainte d’origine roumaine, mélodie lente et nostalgique que l’on retrouve au Portugal et jusque dans le «blues»), la scottish des trois tours (danse d’origine écossaise, mais très vite adoptée par les pays de l’Ouest. Les trois tours sont celles de La Rochelle : St Nicolas, la Chaîne et la Lanterne), la valse de la «Venise Verte» (comme l’on nomme le Marais poitevin), le tango bueno (évocateur des «bals»), la gigue (d’origine anglosaxonne, mais très répandue chez nous) et le pas d’été (danse archaïque de virtuosité, pratiquée dans le Poitou d’autrefois. Le rythme donné ici lui donne une allure de «samba» brésilienne).
Jacques Garnier était de ces êtres sensibles et dynamiques qui savent se mettre à l’écoute des autres, et qui oeuvrent sérieusement à ce qu’ils font, sans jamais se prendre eux-mêmes au sérieux. Si le créateur d’Aunis n’est plus là, il reste «par ce ballet» bien vivant parmi nous.
Maurice Pacher

 
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