Sydney dance company à Chaillot

La compagnie australienne revient pour la seconde fois à Chaillot avec un programme de trois courtes pièces signées par trois chorégraphes.

La Sydney Dance Company fut constituée en groupe en 1969 par la danseuse Suzanne Musitz. D’abord appelée The Dance Company (Nouvelle-Galles du Sud) de 1975 à 1976, la compagnie fut dirigée par le chorégraphe hollandais Jaap Flier avant la nomination du chorégraphe australien Graeme Murply en 1976. En 1979, Murphy et son associée Janet Vernon opérèrent le changement de nom de la compagnie renommée Sydney Dance Company qu’ils dirigeront pendant 30 ans.

Murphy et ses collaborateurs créèrent des pièces qui conquirent le public australien et firent l’objet de nombreuses tournées internationales, notamment en République Populaire de Chine où elle fut la première compagnie occidentale de danse contemporaine à s’y produire. La Sydney Dance Company est dirigée depuis 2009 par le directeur artistique d’origine espagnole Rafael Bonachela.

Vidéo réalisée par Eric Legay en exclusivité pour Danser Canal Historique

Au programme de la soirée, trois courtes pièces par trois chorégraphes pour des interprètes assez étonnants.

Avec Wildebeest la chorégraphe Gabrielle Nankivell collabore pour la première fois avec la compagnie. Son intention est de démontrer l’instinct et la fascination pour le gnou qui vit en chacun de nous. Entre animal vivant et créature imaginaire, elle met en scène des personnages extrêmement puissants qui passent d’êtres sauvages à des hommes et femmes robots que l’on lobotomise afin de d’annihiler leurs instincts bestiaux.

Galerie photo © Laurent Philippe

Accompagnés par des sons de plus en plus forts qui n’apportent rien à la pièce, les interprètes font pour autant preuve d’une intense vigueur dans une chorégraphie très énergique. Ils sont sauvages, fragiles, félins, indomptés et dessinent avec une formidable dextérité les intentions de la chorégraphe.

Full Moon du chorégraphe chinois Cheng Tsung-Lung propose un univers plus doux où les danseurs sont vêtus de costumes qui font songer à un défilé de mode. Un clin d’œil au couturier Miyake et d’autres tout aussi ravissants aux couleurs chatoyantes. Par contre, il est fort difficile de comprendre cette allusion du titre à la pleine lune et une scénographie dont un immense cadre en fond de plateau qui passe du noir au kitsch doré. Une danse assez esthétique toute aussi bien interprétée mais peu parlante.

Galerie photo © Laurent Philippe

Dans Lux Tenebris, le chorégraphe espagnol Rafael Bonachela (qui dirige la compagnie) joue entre lumière et obscurité. Il joue surtout avec des sons électroniques effrayants de puissance qui ôtent toute compréhension de la pièce.

Par contre, il est évident qu’il faut souligner l’excellence des danseurs de la Sydney Dance Company qui ont, bien entendu, interprété les trois ouvrages. Ils possèdent une sacrée dose d’énergie, un pouvoir d’aller au bout de leurs gestes entre immenses mouvements de bras (il y en a trop), de nombreuses chutes, des courses effrénées, de la délicatesse dans les enchainements et un rythme terriblement dynamique pour la première et la troisième pièce.

Galerie photo © Laurent Philippe

Il manque juste à cette compagnie de bons chorégraphes qui sauront écrire une véritable dramaturgie afin d’exploiter au mieux les talents des interprètes.

Sophie Lesort

Spectacle vu à Chaillot le 11 avril 2018

WILDEBEEST : CHORÉGRAPHIE Gabrielle Nankivell
MUSIQUE, SON Luke Smiles, Motion laboratories

FULL MOON : CHORÉGRAPHIE Cheng Tsung-lung
MUSIQUE Lim Giong
LUMIÈRES Damien Cooper
AVEC 8 danseurs

LUX TENEBRIS : CHORÉGRAPHIE Rafael Bonachela
MUSIQUE Nick Wales
COSTUMES Aleisa Jelbart
LUMIÈRES, SCÉNOGRAPHIE Benjamin Cisterne
AVEC 16 danseurs

 

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