Rencontre avec Monique Loudières

L’un des charmes du Prix de Lausanne, ce sont tous ses à-côtés. Qui n’ont d’ailleurs d’à-côtés que le nom, car ils participent de façon essentielle à l’atmosphère particulière qui règne au Théâtre Beaulieu et aux nombreux « plus » offerts aux candidats.

Mercredi 31 janvier avait ainsi lieu, dans le Foyer, une rencontre avec Monique Loudières. Celle qui fut étoile de l’Opéra de Paris est aujourd’hui réclamée dans le monde comme professeur free-lance. Elle collabore régulièrement avec le Prix de Lausanne, dont elle encadre les cours et coachings classiques.

Elle a répondu durant une heure aux questions du journaliste de danse Jean-Pierre Pastori, qui l’interrogeait sur sa riche carrière. L’occasion d’en rappeler les moments clés, à commencer par sa création en 1981 du rôle de Kitri dans le Don Quichotte de Noureev, qui l’avait lui-même choisie, et sa nomination en 1982 tant qu’étoile par Rosella Hightower, alors directrice artistique du ballet de l’Opéra de Paris. Mais aussi les rencontres avec d’autres grands chorégraphes contemporains, tels Jiri Kylian, dont une courte vidéo d’archive montrait des images de répétition en compagnie de Manuel Legris.

S’adressant aux jeunes candidats venus très nombreux l’écouter, Monique Loudières insistait sur la nécessité d’aborder des rôles très différents, « pour évoluer et mûrir ». A l’appui de son propos, elle citait ses interprétations des deux Giselle , celle classique de Coralli et Perrot, et celle très contemporaine de Mats Ek.

Galerie photo © Gregory Batardon

 « Mats et son épouse Anna avaient le don de vous mettre à nu », confiait-elle. « Ce Giselle était à la fois très violent physiquement, avec ses grands pliés jusqu’à terre qui vous mettaient les quadriceps en folie, et d’une force émotionnelle incroyable. Le danser m’a énormément enrichie, d’autant que j’ai eu la chance de le faire avec Kader Belarbi qui était un partenaire idéal. Lorsque j’ai ensuite à nouveau interprété la Giselle classique, je l’ai abordée totalement différemment. »

Belle leçon, dispensée avec simplicité et enthousiasme par celle qui déclarait, en conclusion :« Pouvoir continuer à exercer mon métier auprès de jeunes danseurs est une chance incroyable ! ».

Isabelle Calabre pour le Blog Harlequin Floors

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