Paola Cantalupo, Prix de Lausanne 1977

Parmi les partenaires artistiques du 45e anniversaire Prix de Lausanne, plusieurs sont d’anciens lauréats. Ils se souviennent et se racontent, sur le Blog Harlequin News.

Aujourd'hui Paola Cantalupo, directrice artistique et pédagogique de l' Ecole Supérieure de Danse de Cannes-Mougins Rosella Hightower et de l'Ecole Nationale Supérieure de Danse de Marseille, juré.

Dernière limite !
« J’avais 18 ans et j’étais en dernière année à l’Ecole de la Scala de Milan. Juste avant la clôture des inscriptions, je vois une affiche annonçant le Prix de Lausanne. Je me rends chez la directrice de l’Ecole et lui demande de participer. Elle accepte et me prépare en urgence. Par chance, comme c’était une ancienne soliste au ballet du XXe siècle, j’avais déjà à mon répertoire la variation de l’Elue du Sacre du Printemps  de Béjart. Je la choisis donc en contemporain. Et en classique, je prends la variation du premier acte de Giselle.

Sélections successives
Le concours était d’abord pour moi l’occasion de sortir du château doré de la Scala et de découvrir ce qu’il y avait en dehors ! Je ne m’attendais à rien, je n’étais pas venue pour gagner, simplement pour voir et participer. Lorsque je suis arrivée avec mon père à Lausanne, j’ai été surprise par le nombre de candidats. A l’époque, ce n’était pas aussi bien organisé qu’aujourd’hui, et les éliminations se faisaient au fur et à mesure des classes et des auditions. Mes premiers passages ont été positifs, notamment grâce au « Sacre », et je suis arrivée jusqu’à la finale.

Directement pro
Lorsque Philippe Braunschweig m’a annoncé que j’avais remporté la médaille d’or, il m’a demandé dans quelle école je désirais entrer. Je n’y avais jamais pensé ! Prise de court, j’ai répondu celle du New York City Ballet ou celle du Royal Ballet, parce que c’étaient les deux plus importantes. Mais en fait, je n’avais plus besoin de formation et j’étais déjà prête pour le monde professionnel. J’ai donc laissé la bourse aux autres lauréats et ai simplement reçu une somme d’argent.

Promotion 77
Ç’a a été une expérience magnifique. J’ai rencontré plein de gens avec qui je suis restée très liée, comme Jean-Christophe Maillot, qui pendant le concours n’arrêtait pas de prendre des photos ou de filmer les autres candidats ! Tous sont devenus des amis et font un peu partie de ma famille. Cette récompense m’a donné confiance en moi et conforté mon choix de devenir professionnelle. Elle a aussi rassuré mon père, qui m’avait accompagnée sans y croire et qui a eu la satisfaction de voir que toutes ces années consacrées à la danse ne l’avaient pas été en vain.

Parcours
J’ai alors commencé ma carrière, en entrant peu après dans le corps de ballet de la Scala, que j’ai quitté au bout de deux ans pour rejoindre la compagnie de Maurice Béjart. Tout au long de mes pérégrinations, je suis toujours restée en contact avec l’équipe du Prix de Lausanne, en particulier Philippe Braunschweig. C’est ainsi qu’en 1991, jeune soliste aux Ballets de Monte-Carlo, j’ai remplacé au pied levé Maïa Plissetskaïa comme juré. J’étais alors l’une des premières ex-lauréates, avec Patrick Armand, à occuper ce rôle.

Fidélité
J’ai déjà été deux fois jury et j’ai participé deux fois, en tant que danseuse, au gala final du Prix - dont celui du 35e anniversaire, avec un pas de deux. Cela m’a permis de rencontrer tous les directeurs d’écoles et de participer ensuite au comité artistique, afin de contribuer à faire évoluer le concours. Nous avons mis en place la finale du samedi, les quatre jours de classe préalables, le choix des variations, et développé le nombre des écoles partenaires. Je me suis toujours rendue disponible pour le Prix. Revenir une nouvelle fois en tant que juré est un honneur, et un plaisir.

Propos recueillis par Isabelle Calabre

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