Le festival Immersion inonde L’Onde de Vélizy

Jan Martens, du cirque contemporain australien et une performance conçue par Dimitri de Perrot sont à l’affiche.

Par l’édition 2017 du festival Immersion, L’Onde de Vélizy-Villacoublay multiplie les ondes sonores et visuelles bien particulières. Chaque spectacle, qu’il s’agisse de danse, de cirque ou d’arts visuels, cultive un lien organique avec la musique, à commencer par Rule of Three de Jan Martens.

Immersion fait par ailleurs le choix d’offrir sur beaucoup des spectacles programmés une introduction gratuite (« atelier du regard » ou « avant-scène ») offrant des clés de lectures au public, comme on le pratique très régulièrement en Belgique, en Allemagne et ailleurs, alors qu’en France on privilégie le « bord de scène » avec les artistes eux-mêmes à l’issue du spectacle.

Rule of Three

Martens, nouveau prodige de la scène belge, s’y arrête pour un soir, le 17 novembre, juste après son passage à l’Espace Cardin/Théâtre de la Ville. Avec Rule of Three, il rompt radicalement avec l’approche de ses créations précédentes, basées sur la répétition et l’absence de narration fictionnelle.

Soulignons d’emblée que de nos jours, un jeune chorégraphe a besoin d’une certaine force de caractère pour renverser un modèle dont les programmateurs sont friands, pour reprendre la construction d’un spectacle par l’autre bout. Dans le cas de Martens et Rule of Three (ou Règle de Trois), cela se fait par le passage à une narration plurielle et éclatée, un zapping entre histoires qui peuvent se croiser et se rejoindre sans jamais y être obligées.

Ce bouquet de contes de fées, de légendes et de récits originels potentiels est placé sous l’autorité sonore de NAH, compositeur-batteur américain qui déclenche ses orages sonores et ses ondes sphériques en direct, sur le plateau. S’il n’intervient pas physiquement dans la chorégraphie, sa présence, finement modulée, renoue avec l’univers des récits fondamentaux, façon Hobbit futuriste.

Le trio de danseurs se croise dans une suite de petites histoires, parfois en référence à l’univers de l’écrivaine américaine Lydia Davis et ses flash novels (nouvelles-éclair) qui cultivent, comme cette chorégraphie, une narration compactée et d’autant plus ouverte sur l’imaginaire du lecteur.

What will have been

A ce voyage partagé entre danse et composition musicale répond la compagnie australienne Circa avec What will have been, pièce qui mélange cirque et musique, pour une autre forme de romantisme, tendre ou noir et évidemment acrobatique, porté par une création musicale sur mesure, réunissant chant et composition pour violon, interprétée sur scène. Circa, compagnie vue à La Villette en 2012 avec leur pièce Wunderkammer, apporte au cirque une simplicité sophistiquée, à la fois poétique et brute de décoffrage.

Myousic

Dimitri de Perrot n’amène ni acrobate, ni danseur mais un batteur. Et pourtant, son concert Myousic est un vrai spectacle visuel. On connaît bien ce compositeur-performer suisse, présent dans toutes les créations de Zimmermann & De Perrot. Avec  Myousic, il part sur une voie personnelle. Non sans qu’on retrouve ces facétieux décors en contreplaqué, surréels et burlesques, qui font des pieds de nez à leurs habitants. Il y a donc autant de choses à voir qu’à écouter et quand on a une âme de bricoleur, ça sert à tout, autant à inventer des instruments de musique qu’à monter des planches, à défaut de monter sur elles.

Et si Immersion 2017 est plus court que prévu, suite à plusieurs annulations, L’Onde se rattrapera en cours de saison, et à l’avenir en général, donnant de plus en plus de place à la danse. Ludovic Moreau, responsable de la programmation, explique le pourquoi et le comment dans notre interview exclusive.

Thomas Hahn

Festival Immersion du 7 au 17 novembre 2017 - L'Onde - Vélizy

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