La Biennale de danse en Afrique change de gouvernance

Conférence de presse au sommet vendredi 14 septembre au Café Danse de Lyon. A l’occasion de la Biennale de danse, était présentée, en présence de ses nouveaux acteurs, la ré-organisation de Danse l’Afrique Danse, le plus important rendez-vous de danse contemporaine sur le continent africain. Créée et pilotée depuis vingt-cinq ans par l’Institut Français dans le cadre de son programme Afrique et Caraïbes en création, cette manifestation d’abord biennale puis brièvement triennale - lors de sa dernière édition en novembre 2016 à Ouagadougou - veut mettre les artistes africains au cœur de son processus décisionnel.

La Biennale de la danse en Afrique (son nouveau nom) est désormais dirigée par le chorégraphe marocain Taoufiq Izeddiou, fondateur et directeur du festival On Marche à Marrakech qui portera et accueillera la prochaine édition 2020. Autour de lui, un comité artistique réunit des personnalités reconnues de la scène chorégraphique africaine : Salia Sanou (Burkina Faso), Faustin Linyekula/Virginie Dupray (RDC), Qudus Onikeku (Nigeria), Quito Tembe (Mozambique), Alioune Diagne (Sénégal), Hafiz Dhaou (Tunisie/France), Gregory Maqoma (Afrique du Sud) et Kettly Noël (Mali/ Haïti).

Celles-ci seront chargées de définir les orientations et le fonctionnement d’un évènement plus que jamais destiné à favoriser l’émergence, l’accompagnement et la reconnaissance des nouveaux talents. Pour ce faire, est mis en place sous le nom Résidanses 2019 un Dispositif d’incubation de projets chorégraphiques, offrant « aux artistes et aux compagnies d’effectuer des résidences pour développer une nouvelle création ou finaliser une étape de création en cours avec l’accompagnement d’un tuteur » (ce dernier pouvant être l’un des membres du comité artistique).

Lancé ce même jour sur le site de l’Institut Français, un appel à candidatures* invite donc les chorégraphes ou les compagnies de danse contemporaine et urbaine africains et basés en Afrique, « en début de carrière et dont le travail est peu diffusé à l’international » à soumettre leur projet, étant entendu que les propositions soutenues « feront l’objet d’une attention particulière dans le cadre de la programmation artistique de la Biennale de la danse en Afrique 2020 ». Au terme d’une sélection effectuée « par une commission d’évaluation mise en place par l’Institut français en collaboration avec le comité artistique de la Biennale », une quinzaine de candidatures seront retenues, donnant lieu chacune à une résidence de trois à six semaines au cours de l’année 2019 dans l’un des lieux d’accueil et de création dédié à la danse du continent (tels le CDC La Termitière à Ouagadougou, ou le centre Donko Seko à Bamako).

Cet accompagnement tant logistique qu’artistique permettra aux chorégraphes de travailler dans des conditions professionnelles en vue d’une présentation - non obligatoire - de leur création l’année suivante lors de la Biennale. En fonction de l’évolution du projet, il sera éventuellement possible, dans un second temps, de « poursuivre le travail en France ou à l’international ». Le financement de ces résidences,  pour un montant compris entre 10 000 et 15 000 euros par artiste, tout comme celui de l’organisation générale de la Biennale, est pris en charge par l’Institut Français qui, s’il n’est plus le premier opérateur de la manifestation, « demeure dans son ADN et assure la transition » selon les propos du nouveau directeur du département des échanges et coopérations artistiques Stephan Kutniak.

L’édition 2020 de la Biennale défendra précisément cette génération 2020 de nouveaux créateurs, dans leur identité propre et en lien avec le territoire - notamment les espaces publics -. Elle sera en résonance avec la Saison Afrique 2020 en France annoncée par le Président Macron et dont la commissaire générale, Mme N’Goné Fall, était également présente à la conférence.

Isabelle Calabre

* Appel à candidature

La date limite de dépôt des candidatures est fixé au 31 octobre 2018 et les résultats seront rendus publics en novembre (contact).

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