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Gil Roman, licencié du Béjart Ballet Lausanne

Le directeur artistique du Béjart Ballet Lausanne (BBL) Gil Roman est licencié. En cause: « un incident inapproprié et intolérable » survenu lors des représentations du BBL à l'Opéra de Paris, en janvier 2024. Selon le Conseil de fondation. Son contrat prendra fin le 30 avril 2024. Il en était le directeur depuis le décès de son Mentor, en 2007.

Lors de la première soirée des représentations du BBL à l'Opéra Garnier en janvier 2024, et en dépit des mesures prises en 2021, «Gil Roman a invité cet ancien directeur de productionb – dénoncé dans l'audit de 2021 pour des attitudes et propos relevant du harcèlement sexuel et licencié avec effet immédiat –  à la représentation, puis à l'apéritif privatif qui a suivi en présence de l'ensemble des danseuses et danseurs», relate le communiqué. « Après avoir éclairci les faits et entendu également Gil Roman, le conseil de fondation a estimé ce comportement inapproprié et intolérable vis-à-vis de l'institution et plus encore des danseuses et danseurs, eu égard aux conclusions de l'audit et aux décisions qu'il avait alors prises », précise-t-il encore. « Dans le respect de la tolérance zéro clairement affirmée en 2021 et malgré les qualités artistiques de M. Roman » le Conseil a décidé de résilier son contrat de travail au 30 avril 2024. À charge pour la fondation de lui trouver un successeur. Dans l'intervalle, grâce à la structure mise en place en 2022 et dirigée par Giancarlo Sergi, la production et la présentation des spectacles programmés sont assurées.

Interrogé par Keystone-ATS, le syndic de Lausanne et président par intérim de la Fondation, Grégoire Junod, a dit que cette décision « n'avait pas été prise à la légère ». Ce qui s'est passé à Paris est « tout sauf anodin », justifie-t-il.

A la suite de l'audit et suivant ses recommandations, le Conseil de fondation a en effet réitéré à plusieurs reprises sa volonté de ne plus laisser certains comportements se dérouler au sein du BBL et de veiller scrupuleusement au respect de la personnalité de l'ensemble du personnel, rappelle-t-il. L'incident de Paris aura visiblement été la goutte qui a fait déborder le vase. Gil Roman lui-même avait été épinglé par l'audit. Maintenu à son poste de chorégraphe et directeur de ballet, le Conseil de fondation avait toutefois décidé de l'encadrer. Si le rapport reconnaissait les qualités artistiques de Gil Roman, le chorégraphe y était décrit comme « sensible, pointu et exigeant, mais aussi comme vulgaire, impulsif, colérique et injurieux. »

Le Conseil de fondation indique encore qu'il nommera « dès que nécessaire une direction artistique intérimaire et s'attelle dès à présent au recrutement d'une nouvelle ou d'un nouveau directeur artistique ». « On va revenir très rapidement avec une nomination ad intérim », assure M. Junod. « C'est une nouvelle page qui va devoir s'écrire », a-t-il reconnu.

« Dans le prolongement des échanges réguliers que la Fondation du BBL entretient avec la Fondation Maurice Béjart, détentrice des droits des chorégraphies de ce dernier, des discussions vont maintenant être engagées pour assurer le futur de la compagnie, confirmer une nouvelle direction artistique et continuer à faire rayonner l'œuvre de Maurice Béjart à Lausanne et dans le monde », souligne-t-il aussi.

« Le Conseil de fondation remercie Gil Roman pour les années passées au sein du BBL, pour son investissement et pour l'excellence artistique qu'il a insufflée tout au long de son engagement au service de la compagnie », conclut le communiqué.

 

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