Festival Extradanse : « Aneckxander » d’Alexander Vantournhout

Implanté à Bruxelles, l’’artiste belge a affiné ses outils artistiques à P.A.R.T.S.  C’est dans la capitale bicéphale qu’il a développé un goût pour l’absurde. A voir les 16 et 17 mai à Pole-Sud, Strasbourg.

L’absurde, sans langue de bois

Comme révélateur, Alexander Vantournhout choisit, dans Aneckxander, le plus simple appareil. Ici aussi, toute langue de bois est proscrite et l’absurde se révèle. Vantournhout, qu’il soit Alexander ou Aneckxander (une allusion à son cou – « neck » - drôlement extensible), souligne les moindres disproportions de son corps pour perturber le regard du spectateur. Tout part donc d’une analyse minutieuse de son propre corps.

S’il réussit des prouesses circassiennes ou de la danse - telle roue, tel grand écart - le succès, burlesque, arrive malgré lui, au beau milieu d’une série d’échecs. Vantournhout et sa dramaturge Bauke Lievens ont travaillé sur la tragique derrière une série d’échecs beckettiens et tout ce qui peut briser les schémas corporels convenus. Et plus Vantournhout se dote de béquilles comme ses chaussures à plateformes ou ses gants de boxe, mieux il échoue dans ses figures de cirque ou de ballet.

Malgré l’étrangeté provoquée, Aneckxander cherche la rencontre avec le public, en jouant sur sa timidité, gommant en même temps tout trouble qui pourrait émaner de sa nudité. Maladresses, étrangeté des images de corps et aliénation du personnage font oublier qu’il ne porte (presque) pas de vêtements. En toute simplicité, le personnage n’a rien de naturel. Il semble au contraire émaner d’un cartoon humoristique et surréel.

Vantournhout renonce à tout artifice dans l’acte de présenter son corps en scène et de l’amener vers des états extrêmes. Le fait de voir, au festival  Mimos, ces deux spectacles performatifs (voir critique complète) dans la foulée a permis de vérifier, dans une clarté absolue, la présence de l’absurde dans ce monde, justement parce que dans les états extrêmes de nudité innocente ou d’épuisement, il ne reste plus rien à enlever. La vérité est là, toute nue et crue, sur le plateau et sous  nos yeux.

Thomas Hahn

Vu au festival Mimos 2016

16 et 17 mai 2017 à 19h - Pole-Sud, Strasbourg

27 et 28 mai: Rencontres chorégraphiques, La Chaufferie, Saint-Denis

17 et 18 juin à Aurau (CH)
7 au 9 juillet à Deventer (NL)
27 et 28 septembre à Niort, Le Moulin du Roc

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