« Boomerang » de Bouba Landrille Tchouda

Bercé par les influences urbaines et les cultures du monde, Bouba Landrille Tchouda aborde la danse sous une multitude de facettes : hip hop, capoeira, danse contemporaine. Pour ce nouveau spectacle élaboré en résidence au Musée des Confluences, au Toboggan à Décines et à la Maison de la Danse, le chorégraphe a réuni une troupe épatante de huit danseurs animés par le goût du jeu et du défi.

Au cœur de la chorégraphie, une arme aussi redoutable que peu usitée sous nos latitudes : le boomerang. Chacun sait qu’il opère en allers-retours aussi rapides que meurtriers pour qui maîtrise son effet.

Dans la pièce de Bouba Landrille Tchouda, le Boomerang est plutôt transposé dans son acception figurée et sociale qui pourrait être traduite par « action/réaction ». La chorégraphie, joue de ces alterances entre les groupes où l’on s’affronte et l’on se défie, et où l’on reçoit ce que l’on a semé avec retours à l’expéditeur foudroyants.

Jouant du décalage entre douceur et violence, la danse tient souvent du corps à corps aussi brusque que vite défait, dans des impulsions brusques et des ralentis soudains.
Bien sûr, on peut voir dans ces rapports sans concession un reflet de notre monde tout de bruit et de fureur, où l’agressivité n’a d’égale que l’indifférence.

La gestuelle est inventive et dépasse très largement le cadre du seul hip-hop. Des duos tout en imbrications, des solos où le corps se désarticule, des élans bondissants composent la base de ce vocabulaire.

Galerie photo © Fabrice Hernandez

La scénographie très sobre, qui parsème de sable ou de terre le plateau, donne une dimension supplémentaire à Boomerang. Rappelant l’arène ou une terre lointaine, il accélère ou freine le mouvement tout en dessinant au sol de mystérieuses volutes, rappelant par endroit l’origine australienne de l’objet.
Présenté en matinée scolaire, Boomerang avait de quoi toucher le jeune public dans ces rapports où la brutalité doit s’apprivoiser, où l’être ensemble est un bien à conquérir absolument.

Agnès Izrine
Le 4 novembre 2016. Maison de la danse en partenariat avec Le Toboggan, Décines

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