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« Se faire la belle » de Leïla Ka

« Se faire la belle » de Leïla Ka

Le nouveau solo de Leïla Ka rebondit sur Pode ser, avec fulgurance et finesse. 

Dans ce nouveau solo, Leïla Ka convoque des forces contradictoires qui se mettent en lutte à l’intérieur d’elle-même. Exaltation et sensualité rencontrent des instances de contrôle assez rigoureuses, dans un clair-obscur à grand éclat. Elle rebondit sur ses transformations dans Pode ser [lire notre critique] en entrant dans des états de possession, par une gestuelle investie jusqu’au bout. 

La tête apparemment flottant librement au-dessus du corps, elle joue avec une envie de transe et une dissolution du corps, soit dans l’air et on peut alors songer à un certain Saburo Teshigawara, soit à l’aide de la lumière et de la musique, un peu comme chez Hiroaki Umeda. On peut alors suivre cette idée d’une histoire, d’un personnage qui incarne sa quête de libération, ou se laisser emporter par la force et l’absolu du mouvement. 

Si Se faire la belle achève une trilogie constituée avec Pode ser et le duo C’est toi qu’on adore, ce nouveau solo y va en force et met un point d’orgue, tout en bouclant une boucle. Car les deux solos, Pode Ser et Se faire la belle donnés dans le cadre de Séquence Danse au Centquatre-Paris ont relevé un dialogue intense entre eux, en se terminant chacun par une fin soudaine qu’on ressent comme une chute vers le néant. Se faire la belle, c’est arracher la danse de haute lutte, et dans la fougue des lendemains qui chantent. 

Thomas Hahn

Vu le 17 mars 2022 au  Centquatre-Paris dans le cadre du  Festival Séquence Danse

Le 22 mars, soirée partagée de Séquence Danse, avec Sandrine Lescourant à l’Espace 1789, Saint-Ouen.

 

 

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