« Tree of codes », Wayne Mac Gregor

Né de la collaboration entre Wayne Mac Gregor, le DJ Jamie xx pour la musique et le plasticien Olafur Eliasson à la conception visuelle, « Tree of codes » a enfin été dévoilé à Paris le 6 février dernier.

Cet opus hybride, interprété par six danseurs du Ballet de l’Opéra et neuf de la Mac Gregor Company, avait été créé il y a deux ans, le 3 juillet  2015, au Manchester International Festival avant de faire escale quelques mois plus tard à New York. Fruit d’une co-production internationale, le ballet est aussi attendu en mars au Sadler’s Wells de Londres, ainsi qu’à Aarhus au Danemark, capitale européenne de la culture 2017.

Si la pièce se revendique du livre éponyme du romancier américain Jonathan Safran Foer, inutile toutefois de chercher entre les deux œuvres des correspondances littérales. Ce qui a inspiré le chorégraphe, dans ce ‘découpage’ littéraire réalisé à partir des nouvelles d’un auteur polonais disparu en 1942, est moins son sens que son graphisme éclaté, qui réinvente le concept même de création.

A son tour, sa pièce se présente comme un montage sonore, gestuel et visuel se jouant des apparences et des perceptions. Les superbes lumières de Rob Halliday plongent les danseurs dans une semi pénombre, les éclairent en effets stroboscopiques ou les décomposent façon kaléidoscope. La scénographie d’Olafur Eliasson fait surgir des arrière-plans troublants, des découpages stylisés et une démultiplication de l’espace grâce à un miroir en fond de scène. La musique, quant à elle, passe avec bonheur de la pop psychédélique à l’électro, en dialogue constant avec les mouvements des corps.

Galerie photo © Little Shao/Opéra national de Paris

Et la danse, dans tout ça ? En hyper-extension comme toujours chez Mac Gregor, fluide et pourtant complexe dans sa gestuelle, elle enchaîne sans temps mort les tableaux scéniques, des solos aux tutti. On a quelques inquiétudes dans les premières minutes, lorsque les danseurs apparaissent - si l’on peut dire ! - dans le noir complet, repérables seulement par la trace lumineuse des mini diodes qui dessinent leurs déplacements sur le plateau. Un effet déjà vu et revu que heureusement, la suite du spectacle dissipe très rapidement.

Formidables, les interprètes de la Mac Gregor Company mènent le jeu, entraînant dans leur énergie contagieuse les six danseurs français, dont les solistes Jérémie Bélingard et Marie-Agnès Gillot. Dans un magnifique pas de deux, celle-ci, dont le départ est annoncé pour la prochaine saison, brille de tous ses feux.

Isabelle Calabre

Vu le 6 février 2017

Jusqu’au 23 février

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