Suresnes Cités Danse : « Finding Now »

Suresnes Cités Danse clôturait en beauté cette 26e édition avec la création mondiale de ce superbe Finding Now d’Andrew Skeels.

Andrew Skeels a clôturé en beauté Suresnes Cités Danse avec Finding Now, sa dernière création. On doit la découverte de ce jeune chorégraphe américain (né à Boston mais installé à Montréal) à Olivier Meyer qui l’a fait venir à Suresnes Cités Danse en 2016. Avec sa création Street Dance Club il est immédiatement repéré comme le clou du festival. L’année suivante, il crée Fleeting, un duo en apesanteur très remarqué sur de la musique baroque pour Noémie Ettlin et Victor Virnot recrutés à Suresnes. Finding Now est une sorte de prolongement pour cinq danseurs (dont Noémie Ettlin), toujours recrutés sur place et sur cette même inspiration musicale… plus la Liturgie de Saint-Jean Chrysostome signé cette fois Tchaïkovsky.

La gestuelle tout en entrelacs subtils, enroulements secrets, invente une danse solenelle, explore avec le mouvement ce qui résiste et qui plie et se déploie. Avec ses portés qui évoquent la grâce statuaire, les extases mystiques, et ses glissés vertigineux au sol, la chorégraphie se modèle en creux et en reliefs, formant comme un dessein commun. Finding Now, en invitant à réfléchir sur l’immédiateté, donne à voir une dimension spirituelle du geste, un moment supsendu, soutenu habilement par les éclairages d’Alain Paradis.

Photos : Dan Aucante

Les origines hip hop de la chorégraphie n’apparaissent pas vraiment, sinon dans ces fameux passages au sol, ici atténués par une lenteur et une fluidité qui les montrent sous un nouveau jour. Il faut dire que le parcours éclectique d’Andrew Skeels, hip hopeur passé au classique et devenu danseur aux Grands Ballets Canadiens où il travaille avec Ek, Kylian ou Naharin, a nourri une écriture aussi construite qu’originale. Il a réussi, en quatre mois de création à Suresnes avec les danseurs Mellina Boubetra, Hugo Ciona, Noémie Ettlin, Tom Guichard et Nicolas Grosclaude à former une cohérence du groupe impressionnante.

On regrettera juste l’abondance de musiques – voire de « tubes » – baroques, qui alourdissent un peu la beauté de cette danse envoûtante.

Agnès Izrine

Le 10 février 2018. Suresnes Cités Danse – Théâtre de Suresnes Jean-Vilar

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