Suresnes Cités Danse 25 ans, 25 danseurs

Suresnes Cités Danse fête ses 25 ans ! Le festival qui a donné droit de cité à des nouvelles formes de danse, célebrera son anniversaire dans une édition joyeuse, courageuse et ouverte à la diversité.

Portant fièrement ses 25 ans, le festival Suresnes Cités Danse réunit le meilleur du hip hop. Farid Berki ouvre le bal en transformant le plateau en immense gâteau d’anniversaire, illuminé par vingt-cinq danseurs qui témoignent de l’esprit d’invention  et d’ouverture de Suresnes Cités Danse depuis sa création en 1993. Si la première édition fut bouillonnante, les rencontres sont devenues un lieu de rendez-vous international et surtout, une sorte d’incubateur d’idées neuves en matière de hip-hop. Avec ses 34 représentations, 95 danseurs, et 13 chorégraphes, cette édition ne déroge pas à la règle et présente un large panorama du hip-hop d’aujourd’hui.

25 ans, 25 danseurs en répétition © Dan Aucante

« L’idée de cette soirée d’anniversaire » précise Olivier Meyer, directeur de Suresnes Cités Danse « est de réunir les artistes, danseurs, chorégraphes de générations différentes qui ont fait ce festival autour du plaisir de danser ». C’est une soirée festive, pleine de “citations dédicaces”, avec des free-styles à ne pas manquer.

Outre la soirée d’ouverture, on pourra donc découvrir Dakhla, la création d’Abou Lagraa qui largue les amarres et réunit New York, Hambourg et Alger pour une pièce légère qui mixe Prince à la musique arabo-andolouse et à la techno, Supertramp et Max Demert, un rabin et un muezzin. C’est un hommage à la fusion de la danse contemporaine et du hip hop. « Pour moi, raconte Abou Lagraa, il s’agissait d’aller chercher l’insouciance des années 80, et le sentiment de liberté qui en émanait. » Un voyage, une ode à la tolérance et à la différence, plein de vitalité

Scandale nouvelle pièce de Pierre Rigal, travaille sur la scansion, le souffle, la respiration des interprètes comme source vitale du mouvement.

On retrouvera avec plaisir Mickaël Le Mer et Andrew Skeels, notamment dans une soirée « Du Baroque au Rock » qui joue sur les deux tableaux sans lâcher la pression du hip hop : les notes de Vivaldi ou Haendel de Fleeting, s’accorde au rock de Rock it Daddy.

Par ailleurs, on aura la chance de revoir Rouge, une pièce phare de Le Mer,  qui développe une écriture contemporaine à base de vocabulaire hip-hop. « Je m’inspire de ce que je vis, explique-t-il, je vivais dans un salon rouge bordeaux. J’ai assemblé certains souvenirs pour en faire une sorte de négatif symbolique. J’ai cherché l’émotion « rouge » sans que la couleur apparaisse, et quelque chose du féminin en employant que des hommes ».

On fera un clin d’œil aux chefs-d’œuvre du ballet classique avec Les Forains signé Anthony Egéa et L’Oiseau de feu revu par Farid Berki. Les Forains, ballet imaginé par Roland Petit en 1945 sur la musique d’Henri Sauguet, a été revisité par Anthony Egéa et ses danseurs. La place de village est devenue rue de banlieue, les saltimbanques d’après-guerre, de joyeux hip hopeurs et les numéros de cirque, un grand show urbain. Entre chaque tableau se glissent les sons synthétiques du compositeur électro Franck II Louise. L’écriture chorégraphique d’Anthony Egéa décloisonne les esthétiques et s’ouvre à tous les publics.

Farid Berki a créé Petrouchka, le Sacre du Printemps, et a développé avec Stravinski une familiarité de style et de cœur. Son Oiseau de feu, créé en 2015 pour les vingt ans de sa compagnie Melting Spot, en est une nouvelle preuve. Le ballet est aussi la première œuvre classique à avoir donné lieu en 1984 à une version hip hop à laquelle Farid Berki a participé. Depuis cette rencontre fondatrice, il n’a cessé de croiser les disciplines.

Au chapitre découvertes, il ne faudra pas manquer Réversible de Bouziane Bouteldja qui sublime les traumas qu’entraînent les interdits d’une religion oppressante, la jeune génération représenté dans Cités Danse Connexions #2 avec Si’Mhamed Benhalima qui propose un duo surprenant avec Kevin Mischel, dans une scénographie toute surréaliste, ainsi que Johanna Faye et Saïdo Lehlouh. Enfin, une soirée toute féminine réunira Céline Lefèvre et Jann Gallois dans deux nouvelles créations. 
Plus que jamais, Suresnes Cités Danse est un festival nécessaire qui met en avant les notions de partage, de diversité culturelle et surtout d’une générosité joyeuse et solidaire.
Agnès Izrine
Festival Suresnes Cités Danse 25e édition du 6 janvier au 5 février 2017.
 
 

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