« Sadeh 21 » d'Ohad Naharin

Cette œuvre brillante sera à l'affiche du 24 au 27 octobre à Chaillot-Théâtre national de la Danse. A ne pas rater !

Un par un, ils entrent dans la ronde, comme on traverse le temps. Dans l’épaisseur du silence les danseurs marchent comme si la fin était derrière eux, dans une sorte de ressassement éternel. Ils sont. Peu à peu chacun se distingue par une signature gestuelle unique, organique. Chaque corps se contractant et se dilatant, se tordant et se dispersant ou s’évanouissant littéralement dans une chute interminable. Sadeh 21, qui signifie « Champ  21» est une sorte d’étude de l’infini des  possibles chorégraphiques.

Aux phrases singulières s’accrochent et s’accumulent  les figures qui composent et recomposent de nouveaux territoires où s’ordonne un perpétuel chaos. Tout aussi précise qu’impulsive, la danse, d’une force peu commune, impressionne. Non seulement parce que l’écriture chorégraphique d’Ohad Naharin arrive à combiner un nombre étourdissant d’enchaînements, passant de l’unisson à l’éclatement total du groupe en un battement de cil, mais surtout parce que ces gestes et ces phrases font résonner une émotion intense permettant d’esquiver tout formalisme.

Et de même que la langue que profèrent par moment les danseurs nous est inconnue mais intelligible , le langage que la danse articule a un sens mystérieux mais certain.

Et si l’on voit bien que la technique « Gaga » créée par Ohad Naharin est la matrice de cette pièce on ne peut que saluer l’inventivité syntaxique que procure cette pratique et qui fait de  Sadeh 21 une pièce éblouissante.

Agnès Izrine

Vu le 24 avril 2013 - Théâtre National de Chaillot

Du 24 au 27 octobre 2018 : Chaillot-Théâtre national de la Danse

Chorégraphie Ohad Naharin
Avec la collaboration des danseurs de Batsheva Dance Company (saison 2010-2011)
Lumières et scénographie Avi Yona Bueno (Bambi)
Conception sonore Maxim Waratt
Costumes Ariel Cohen

Avec les danseurs de la compagnie

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