« Profession : Danseurs.ses »

Aux commandes du magazine « Profession… » diffusé sur Canal+, Antoine de Caunes se penche le 11 janvier prochain, avec des invités de choix, sur le métier de danseur.

Les chorégraphes Marion Motin et Mehdi Kerkouche, les étoiles de l’Opéra Germain Louvet et Ludmilla Pagliero, le street danseur Léo Walk, la reine du voguing Lasseindra Ninja : ils sont tous réunis autour d’Antoine de Caunes pour raconter leur métier. Si la diversité des invités est à coup sûr l’un des atouts attraits de l’émission, on peut toutefois déplorer que leur choix, en mettant face à face des artistes supposés aux antipodes - en gros, classiques versus hip hopeurs - cède quelque peu à la facilité et laisse ipso facto dans l’ombre la majeure partie du champ chorégraphique contemporain. Pour autant, on ne saurait bouder notre plaisir à voir ces personnalités attachantes, talentueuses et chacune pour diverses raisons dans la lumière, échanger entre elles sur les thèmes que leur soumet l’animateur.

A une première question sur leur hyperactivité dans l’enfance, Marion Motin raconte ainsi avec drôlerie que petite, elle écoutait avec délices les vibrations de l’aspirateur, tandis que les deux étoiles de l’Opéra se souviennent d’une énergie très vite « normée » par l’école de danse. Côté modèle, tandis que Mehdi Kerkouche, Lasseindra Ninja, Léo Walk et Marion Mottin citent sans surprise Mickaël Jackson, Germain Louvet évoque de manière plus inattendue John Travolta. Le même met en avant l’humanité de celui ou celle qui danse, plus encore que son talent, et la force de ceux qui résistent, pour caractériser le véritable artiste. 

Concernant les lieux où s’exerce leur profession, l’expérience vibrante et publique des ballrooms décrite par Lasseindra Ninja s’oppose à l’intimité confortable du studio de danse classique, ou le sol dur en béton de la rue préféré par Marion Motin. Le rapport à l’autorité est une autre ligne de fracture, Léo Walk se disant rétif par nature et avouant avoir arrêté l’école en 3e, quand Mehdi Kerkouche est en permanence guidé par un souci d’excellence et une autodiscipline. Tous en revanche partagent un rapport ambivalent à leur propre corps, « cheval de course à dompter » pour Germain Louvet, ‘cosa mentale’ pour Ludmilla Pagliero, objet psychique selon Marion Mottin, « hyper réceptif aux ondes » chez Léo Walk, et capable de se rappeler au souvenir de Mehdi Kerkouche par quelque angine prouvant la nécessité constante d’ « être à l’écoute ». Au final, quarante minutes d’entretien intéressant et rondement mené, qui donne envie de revoir - sur internet en attendant mieux -, les prestations et spectacles des artistes invités. 

Isabelle Calabre

A voir lundi 11 janvier 2021 à 22h35 sur Canal+.

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