Première soirée Faits Maison 

Pour la soirée d'ouverture de Faits Maison, micadanses accueillait de toutes jeunes compagnies, sélectionnées lors des quatorzième et quinzième éditions des rencontres chorégraphiques de « Mouvement Contemporain ».

Un tremplin chorégraphique pour les six compagnies qui se partagent la soirée, présentant des pièces d'une quinzaine de minutes à un public attentif et aux « regards » de personnalités de la danse telles que Christine Bastin, Jean Gaudin, Frédéric Lescure, Jean-Marc Colet ou Emerentienne Dubourg, chargée de relations avec le public à micadanses.
A l'issue de ces présentations, micadanses offre une résidence à un projet conjointement choisi avec les personnalités citées.

Ingrid Bizaguet, qui a créé « Mouvement Contemporain », ouvre les festivités par un discours revendicatif sur la place (rognée) des femmes dans l'univers de la danse et par la présentation, en guise de prélude, d'un travail d' atelier chorégraphique emmené par des amateurs convaincus, qui montrent du plaisir à danser et une technique bien maîtrisée, en témoigne un final au ralenti dans un parfait unisson.   

Cinq compagnies suivront, au lieu de six, le duo « GG », Hélène Garric et Clément Gyselink, étant condamné à rester en coulisse, le seul danseur professionnel de la soirée s'étant malheureusement blessé, laissant ainsi un plateau exclusivement féminin... Drôle d'écho à la présentation d'Ingrid Bizaguet qui le fera remarquer non sans humour.


 

On imagine bien qu'il a du être assez difficile de départager les projets, les propos et l'aspect qualitatif des chorégraphies se valant...  mais chacun dans le public aura pu s'attacher à un univers plus qu'à un autre.

Résistance de Carole Bordes, sanglée dans une veste aux longues franges prolongeant une chevelure qu'elle projette avec fougue, déploie une énergie qui joue sur l'hésitation, sur « y aller ou non », manière de marquer sa propre résistance au mouvement.  

Trois duos suivent, très différents. Le premier Métamorphosis est plutôt bien ficelé. Alizée Duvernois et Manon Vibert ont de l'allure et de l'abattage. Elles emmènent leur propos de manière efficace et précise, qu'elles soulignent d'un texte très bien choisi.

 

Le deuxième duo de la soirée Vaste Rêve, Chloé Bernier et Isabelle Pierre-Jacquemin, laisse… songeur (on peut  donc noter une certaine cohérence entre le titre et ce que l'on voit). La pièce est bien dansée et l'espace bien habité mais peut sembler un peu sage et formelle.

La compagnie Au Cas O, donne tout de suite le ton avec le passage en force, façon Marx Brothers, d'un gros canapé (élément du décor) par la porte étroite du studio.  Entre humour et anecdote, Comme un cadre sup en goguette finira aux mains habiles des pétillantes Zoé Dumont et Caroline Jacquemont.

Esperanza,  la dernière pièce de la soirée est non seulement aboutie en matière d'écriture mais portée par la belle présence de sa chorégraphe et interprète Léa Debrabant. Concentrée, sensible elle y développe une gestuelle propre résultant de ses inspirations multiples (hip-hop, flamenco) et on la suit de bout en bout.

On saluera l'initiative de micadanses d'inviter Mouvement Contemporain à poursuivre  son travail dans le cadre de Faits Maison. Une ouverture de festival sous le signe de la création, marquée également par le vernissage des photos de Jean Gros-Abadie : 30 ans de danse, trop vites passés, descendant en cascade le long des escaliers.  
 

Marjolaine Zurfluh

Vu à micadanses le 27 mai dans le cadre de Faits Maison

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