Montpellier Danse : une édition somptueuse

Lors de la conférence de presse qui s'est tenue en mars dernier, Jean-Paul Montanari, directeur du festival Montpellier Danse a dévoilé le programme de cette 37e édition qui débutera le 23 juin.

Commençant sa conférence de presse par un préalable financier pour déplorer la baisse des subventions – comme dans nombre de structures artistiques – et par saluer le soutien à la création de la Fondation BNP Paribas, Jean-Paul Montanari a dévoilé sa programmation qui réunit néanmoins 14 créations pour 19 chorégraphes en provenance de 10 pays et 37 spectacles proposés à un public « formé et éclairé » ce qui a toujours été le propos de ce festival ancré dans sa Région.

Au menu, un temps fort sur l’Amérique du Sud, avec des créations de Marcelo Evelin (Brésil), Ayelen Parolin (Argentine) mais aussi Fabrice Ramalingom avec trois danseurs de la la compagnie Beltrão (Brésil), une création de Mathilde Monnier avec  l’écrivain argentin Alan Pauls El Baile, qui revisite Le Bal créé par Jean-Claude Penchenat en 1980 et filmé ensuite par Ettore Scola, en repartant de l’histoire de l’Argentine, une création de Bernardo Montet autour des tribus indiennes de la Terre de Feu.

Mais « réussir un festival, c’est réussir la programmation au Corum  et sa jauge de 2000 places » affirme Jean-Paul Montanari, remarquant au passage « qu’il n’est pas si facile de remplir les grandes scènes avec un projet artistique qui se tienne. Autrefois, les grandes compagnies américaines, comme celles de Merce Cunningham ou Trisha Brown remplissaient cette mission à merveille, aujourd’hui, c’est une des raisons du retour des compagnies classiques. ». Pour autant, cette édition a trouvé des compagnies solides capables de remplir cette mission. Le Ballet Prejocaj avec Les Pièces de New York ( lire notre critique) Le Ballet de l’Opéra de Lyon qui présentera Dance dans sa version exceptionnelle puisque Yorgos Loukos, son directeur, a passé commande à la réalisatrice Marie-Hélène Rebois qui a réussi la performance de recomposer le film de Sol LeWitt avec les danseurs qui sont sur scène. « Car, on avait perdu l’essence même de la pièce, en montrant un film de 1972 avec des danseurs d’aujourd’hui » explique Yorgos Loukos, « du coup, tout l’effet de dédoublement et de superpositions était perdu ».

Le Corum accueillra également la compagnie Marie Chouinard dans l’excellent Soft virtuosity, still humid, on the edge, et le Dutch National Ballet avec des ballets de Hans Van Manen « dont l’œuvre a sans doute été un peu oblitérée dans notre programmation par l’éclat de Jiří Kylián. Ce qui m’a paru, finalement, assez injuste.» raconte Jean-Paul Montanari.

Le festival propose aussi quelques pépites, à commencer par la création d’Emanuel Gat qui réunit 10 danseurs de l’Opéra de Lyon et 10 danseurs de sa compagnies et ne sera visible que dans cette édition de Montpellier Danse : TEN WORKS (for Jean-Paul). La création de Steven Cohen, artiste Sud-Africain, en hommage à Elu, son compagnon récemment disparu put your heart undr your feet… and walk. Deux pièces très attendues, celle de Marlène Monteiro Freitas pour treize interprètes  Bacchantes, prélude pour une purge et celle de Daniel Linehan, Flood, ainsi que le deuxième volet de la création de Sharon Eyal, succès de l’édtion précédente, à savoir Love Chapter 2. Et beaucoup d’autres chorégraphes comme David Wampach, Nadia Beugré, Antonio Canales…

Par ailleurs, Montpellier Danse propose aussi une programmation cinéma exceptionnelle, avec notamment, vingt-cinq films de Merce Cunningham couvrant un demi-siècle de danse, Polina, le film réalisé par Valérie Müller et Angelin Preljocaj, Vengo de Tony Gatlif avec Antonio Canales…

Agnès Izrine

Montpellier Danse du 23 juin au 7 juillet 2017

Catégories: 

Add new comment