Mimos 2017 : Josef Nadj en création

La 35e édition du festival des arts du geste de Périgueux affiche des créations par Josef Nadj et le groupe 3e Etage de l’Opéra de Paris.

Pour sa 35e édition, Mimos s’affiche une fois de plus comme un festival populaire, authentique et enthousiaste, porté par un public qui vient pour faire le plein de spectacles consacrés au corps et au geste. Cette année encore, on y retrouve Josef Nadj, parrain du festival depuis longtemps, qui y présente sa première création depuis que ce mime chorégraphe a retrouvé les chemins de l’indépendance, après plus de vingt ans à la tête du Centre Chorégraphique National d’Orléans.

Autour de lui, Mimos présente également les danseurs-chorégraphes de l’Opéra de Paris, des échassières espagnoles, des circassiens cambodgiens et du théâtre de rue chorégraphique et bien sûr tant d’autres spectacles de mime et autres arts du corps et du geste, du fil de fer à la marionnette. L’ouverture, chaque fois un événement spectaculaire, populaire et gratuit, se fera avec la funambule Johanne Hublet, traversant le paysage urbain de Périgueux à plusieurs dizaines de mètres de haut. C’est en cet état entre ciel et terre qu’elle dansera sur les rythmes trip hop/hip hop du groupe Met.H.Ode !

Josef Nadj, retour aux sources

Josef Nadj a su créer, depuis les années 1980/90, l’un des univers chorégraphiques, visuels et imaginaires  les plus puissants de sa génération. Nourri de la littérature d’Europe centrale avec ses ambiances absurdes, il nous fait ici découvrir son regard sur l’œuvre du poète hongrois Jozsef Attila (1905-1937), sa schizophrénie et l’amour pour sa psychothérapeute. Dans Penzum, Nadj sera accompagné de la contrebassiste Joëlle Léandre pour un jeu de travestissements. Et il dessinera en direct, au charbon. Ce qui ne manquera pas de rappeler son célèbre solo Les Corbeaux.

3e Etage - entre Opéra de Paris, Chaplin et Astaire

Sous la direction de Samuel Murez, certains jeunes danseurs de l’Opéra de Paris ont créé le collectif 3e Etage pour mettre en scène leurs propres créations. Ils viennent à Mimos avec de nouvelles pièces brèves, assemblées avec d’autres moments de danse ou de mime déjà créés. Comme Mimos n’est pas un festival de danse mais des arts du geste, les chorégraphes-interprètes de 3e Etage vont s’inspirer de Buster Keaton ou Charlie Chaplin, vont détourner  la gestuelle de la pantomime du ballet ou encore s’amuser avec la danse de Fred Astaire. Sont pressentis comme interprètes au festival :

Aurélien Kairo en amoureux burlesque

Aurélien Kairo a été interprète hip hop dans les compagnies de Kader Attou et Mourad Merzouki, mais il a également dansé avec la Béjart Ballet Lausanne et pourrait tout aussi bien monter sur scène comme mime ou comédien. A Mimos, il créé un solo autour d’un amour malheureux et sans retour, mais dans un registre très différent : Petite Fleur, un seul en scène chorégraphique et théâtral par un artiste qu’on sait plein d’esprit et d’humour.

Femmes sur échasses, première française

Mimos est international et présente, en première française, les Espagnoles de la compagnie Maduixa. Leur spectacle Mulïer est une pièce chorégraphique pour cinq femmes sur échasses. Son titre le suggère déjà: Mulïer est un spectacle-manifeste où les échasses confèrent aux femmes des super-pouvoirs, symboles de leur combat pour l’égalité. Il creuse l’identité féminine entre force et sensibilité.

Les immortels quittent leur nid

Danse-théâtre et arts de la rue ont scellé une alliance féconde au sein de la compagnie Adhok, fondée par la chorégraphe Doriane Moretus et le metteur en scène Patrick Dordoigne de la célèbre compagnie Les Alama’s Givrés. Leur diptyque questionne la jeunesse d’aujourd’hui dans ses désirs et ses difficultés à quitter le nid familial pour se lancer dans la vie et passer à l’âge adulte. Les interprètes ont l’âge de leurs rôles et apportent toute leur énergie pour ce théâtre chorégraphique sous le titre Immortels, composé d’un spectacle  fixe (Le Nid) et d’un autre, déambulatoire (L’Envol).

Branche chorégraphique

Est-ce un solo ou un duo? La circassienne Kamma Rosenbeck  (Cie Libertivore) « danse » avec un bâton, en fait une énorme branche d’arbre, toute en courbes et articulations. Fille d’un jongleur danois et d’une circassienne mexicaine, elle est devenue trapéziste. Logique! Elle a commencé à le pratiquer quand elle n’avait que six ans. Aujourd’hui elle reprend le spectacle Hêtre de Fanny Soriano, une danse aérienne avec et autour de cet agrès digne d’un conte. Et ressemble elle-même à une créature venue d’un autre monde, une nymphe, un esprit de la forêt. Un troll féminin, peut-être...

Cirque : Epure américaine, effervescence du Cambodge

Ce sont deux approches diamétralement opposées du cirque contemporain qu’on peut voir à Mimos en une seule journée. The Ricochet Project est un duo étatsunien sur trapèze ou à la corde lisse, créé par Cohdi Harrrell et Laura Stokes du Nouveau-Mexique. Leur duo Smoke and Mirrors exacerbe ce qu’il y a de dramatique et d’intense dans une relation à deux, pour aller au fond de l’âme, grâce à une maîtrise acrobatique époustouflante. C’est ainsi qu’ils ont obtenu le Total Theater Award au Festival d’Edimbourg !

Plus grand, plus joyeux et haut en couleurs, comme à l’habitude avec cette troupe cambodgienne : Les jeunes de Phare Ponleu Selpak (Lumière de l’art) viennent avec Chills, leur nouveau spectacle qui mélange acrobates et musiciens qui revisite et interroge la présence de spectres et d’esprits dans l’imaginaire des Cambodgiens. Chills (Les peurs) se jouera en nocturne, entre les murs d’un château et la forêt, ce qui ne manquera pas de faire écho au spectacle dans les têtes de nous autres, Européens.

Thomas Hahn

Mimos 2017, du 24 au 29 juillet 2017

www.mimos.fr

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