Ko Murobushi est décédé

Le grand maître du butô Ko Murobushi est décédé au Mexique. Après avoir présenté son spectacle à Sao Paolo (Brésil), Ko Murobushi se rendait en Allemagne pour donner un atelier. Le 18 juin à 8h (vers 15 heures en France), il fut attaqué par une crise à l'aéroport de Mexico City, lieu d'escale. Il fut transporté à l'hôpital en hélicoptère mais sa mort fut confirmée deux heures après.

Ko Murobushi, né en 1947 à Tokyo, fut un disciple de Tatsumi Hijikata (de 1968 à 1970) et à ce titre fut un des pionniers du butô. Il fonde ensuite  la compagnie Dairakudakan avec Akaji Maro, dès 1972 et édita un journal consacré au butô : "La saison violente".

Il fonde ensuite deux troupes, l'une exclusivement féminine qu'il confie à Carlotta Ikeda (décédée cette année) Ariadone, l'autre, Sebi (le dos en feu) exculsivemnt masculine et en 2003 une nouvelle compagnie : Ko & Edge Co. Ikeda et Murobushi restèrent toujours très liés.

En 2008, il avait rencontré Bartabas au Japon et décidé de créer ensemble Le Centaure et l'Animal, qui vit le jour en 2010.

Murobushi signifie  oiseau imaginaire et sa recherche le poussait à accéder à" la Porte de l'au-delà".
Son site affiche en page d'accueil "Where is Ko ?"

Sans doute avec Carlotta Ikeda...

"Urara sera,au nord,la lumière de la lune fugitive et livide.
La musique d’Alain fera sortir l’Atlantique Nord du frigidaire.
Quand à moi,sur le dos d’une bête solitaire,je frotterai la bordure de ravage.
Afin d’entrer dans la danse où s’éparpillent toutes les particules de lumière."
Ko MUROBUSHI 1995 Le Mans. Traduction : Dominique Palme

Akaji Maro, actuellement à la Maison de la culture du Japon à Paris, témoigne :
 
"Ko Murobushi, avec qui j’ai fondé Dairakudakan dans les années 70, a contribué à l’époque à fixer les principes philosophiques de cette compagnie. Pour lui, tout chemin menait vers le butô. Il connaissait les paroles pour nous encourager et s’encourager lui-même.
Il était maladroit avec les gens, mais son cœur était pur. C’était un poète bourru, un ascète, un loup solitaire.
Il aimait profondément le butô et le haïssait tout autant. C’est grâce à ce combat intérieur qu’il est parvenu à l’éveil. En dansant, il donnait son corps en sacrifice.

Le chemin que tu as tracé sur cette terre aride ne cesse de briller.
Je t’offre ma danse ce soir et demain, dans ce pays, la France, qui t’a accueilli.
En attendant le jour où l’on se retrouvera.
" Akaji Maro

Agnès Izrine

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