« Good Boy » d'Alain Buffard au CN D

Good Boy, portrait chorégraphique créé par Alain Buffard en 1998 et repris aujourd'hui par Matthieu Doze, sera à l'affiche du CN D du 24 au 28 juin dans le cadre de Camping. A ne pas rater !

C'est aujourd'hui Matthieu Doze, alors assistant du chorégraphe depuis lors disparu, qui interprète la pièce. Il le fait excellemment. La doxa aura abusivement réduit cette pièce à une énonciation du sida. Or c'est autant un manifeste esthétique, où toute la représentation du corps scénique est passée au crible des apports de l'art-performance.

Autrement dit, cette pièce était riche de ses multiples développements, qui n'ont plus cessé au travers des diverses occurrences de Good For, puis de Mauvais Genre, qui la développèrent. Le solo d'Alain Buffard provoque un séisme des corps, suffisant pour qu'il mute ensuite en une pièce-monde, capable d'embrasser une impressionnante diversité d'ancrages géographiques, comme de problématiques d'époques, qu'elle aura traversés.

Cinglant, Good Boy était extrêmement écrit, pour passer au scanner autant qu'au scalpel le leurre épuisé des corps chorégraphiques glorieux. Il n'est pas un seul de ces détails musculaires, que Matthieu Doze ne respecte scrupuleusement. Mais là à nouveau, l'historicité du regard devient un protagoniste prééminent dans ce que produit la pièce en 2017. A la connaître par coeur, en ayant eu à observer et analyser tous ses développements depuis presque vingt ans, on n'aura pas su la recevoir autrement qu'à la façon, plutôt froide et distanciée, d'un excellent document d'histoire de la danse.

C'est dire, pour le moins, l'acuité de la puissance matricielle dont sa reprise aujourd'hui a su faire montre.

Gérard Mayen

vu le jeudi 9 novembre 2017 à Rennes.

Du 25 au 28 juin 2018 au CN D dans la cadre de Camping

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