Festival Concordan(s)e #11

Le festival de la rencontre chorégraphes-écrivains se déroule jusqu’au 2 avril. Il propose des créations de Maud Le Pladec, Mylène Benoit, DD Dorvilliers et Frank Micheletti.

Danser entre les livres, écrire pour la présence d’un corps en mouvement. Chaque année, Concordan(s)e poursuit le rêve de colmater la brèche qui sépare, en Occident, les danseurs de la plume des écrivains. Les deux s’entendaient pourtant bien, du temps d’Echyle et d’Euripides. Pour les réconcilier dans et avec le monde actuel, Concordan(s)e les amène en balade, de bibliothèques en librairies, de théâtres en galeries d’art ou musées, sous la condition qu’ils veuillent bien partager le processus de création et ensuite, le plateau face au public.

Mylène Benoit / Frank Smith

Les quatre créations de l’édition 2017 sont confiées à des chorégraphes particulièrement sensibles à d’autres langages et univers artistiques, ce qui est tout aussi vrai pour les quatre écrivains venus à leur rencontre. Mylène Benoit qui conçoit toute chorégraphie dans une fusion organique entre le corps, des événements visuels et les arts plastiques signe Coalition, avec le poète et vidéaste Frank Smith. Ensemble, ils reprennent les choses par les racines, en demandant: « Que peut un corps ? Que peut le monde dans un corps? Qu’est-ce qu’une combinaison danse/écriture? »

Maud Le Pladec / Pierre Ducrozet

Aucune création de Concordan(s)e ne peut éluder ces questions de fond, chorégraphes et écrivains ayant travaillé dans la séparation des disciplines depuis que l’homme a inventé l’imprimerie. Maud Le Pladec travaille justement sur cette dualité, quand elle confronte, dans Autoportraits, deux silhouettes qui « se cherchent, se battent, se trouvent » dans leurs contrastes, qui « dansent, piétinent, tombent et se relèvent ». Car de ces deux personnages, l’un est «empoté, malhabile, décalé, l’autre rigoureux, adroit, tendant vers une plus grande maîtrise des choses. » Mais qui est qui? Le Pladec, tout juste nommée directrice du CCN d’Orléans, a conçu et interprète ce duo avec Pierre Ducrozet, romancier et enseignant à l’école d’arts visuels bruxelloise La Cambre.

DD Dorvillier / Catherine Meurisse

La chorégraphe qui s’est révélée à New  York et travaille en France depuis bientôt dix ans conçoit l’espace scénique comme un champ ouvert. Dans Vois-tu celle-là qui s’enfuit, elle travaille à partir des statues des Niobides, représentations de personnes en fuite, découvertes avec la dessinatrice Catherine Meurisse dans le jardin de la Villa Médicis. Meurisse est l’autrice d’albums de bandes dessinées, notamment La Légèreté, récit de son retour à la vie et au dessin après l’attentat contre Charlie Hebdo. Le dialogue entre les deux s’étant noué autour des Niobides, celles-ci ont naturellement impulsé la création commune de Vois-tu celle-là qui s’enfuit.

Frank Micheletti / Charles Robinson

Micheletti, grand adepte de la forme du concert chorégraphique, rejoint Charles Robinson, romancier travaillant à l’interface de l’écriture, de la création sonore, de la littérature live et de la création numérique. Dans The Spleen, ils imaginent ce que serait la spleenologie, une discipline scientifique « qui serait à la fois une méthode archéologique, un art martial, une hypothèse thérapeutique » pour passer aux « arts spleenétiques ». Une façon de retrouver l’esprit du dadaïsme? Il est vrai que ce dernier travaillait déjà contre les règles et restrictions artificielles dans l’art.

Thomas Hahn

Concordan(s)e #11

Du 25 février au 2 avril

Programmation complète :

www.concordanse.com

 

 

 

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