Exposition « Degas Danse Dessin » au Musée d’Orsay

Paul Valéry, Degas, la danse et le cheval composent un ensemble dynamique, partant du mouvement du corps et du crayon.

Peut-on concevoir une exposition à partir d’un seul livre ? Difficilement. Mais Degas Danse Dessin ou DDD est bien plus qu’un livre, presque un mausolée sous forme éditoriale, confrontant dessins et tableaux de Degas aux réflexions et souvenirs de Paul Valéry. Dans l’exposition composée par Leïla Jarbouai et Marine Kisiel, on traverse tout l’univers qui a mené à la création de ce livre-objet, œuvre d’art en soi, paru en 1937 dans une édition de luxe. Tiré à un peu plus de trois cent exemplaires, œuvre d’art plutôt qu’un produit d’imprimerie, commande d’Ambroise Vollard, l’objet se vend au prix fort. Parmi les premiers acquéreurs, Ida Rubinstein et Picasso…

Mais ce n’est qu’en fin de parcours que le visiteur en découvre enfin quelques pages. On n’aura donc pas le plaisir de feuilleter les pages du prestigieux objet. Mais les quelques pages exposées en vitrine permettent de l’aborder en guise de conclusion, après avoir parcouru les univers qui, côté Degas, construisent le contexte dans lequel Valéry rédigea ses réflexions sur le dessin, l’art et la vie, toujours en hommage à Degas. Et Paul Valéry d’écrire au sujet de son ami peintre : « Il a beau s’attacher aux danseuses : il les capture plutôt qu’il ne les enjôle ».

Galerie photo © Thomas Hahn

Les dessins et tableaux, dont bien sûr une belle panoplie consacrées aux danseuses, font très majoritairement partie des collections du Musée d’Orsay. On n’aura donc pas de révélation à proprement parler. Par contre, le rapprochement spatial des dessins, tableaux et sculptures de danseuses et de chevaux réalisés par Degas crée des dynamiques intéressantes, en passant par la chronophotographie, également exposée, aux œuvres d’Ingres, son mentor et de Delacroix.

Degas Danse Dessin parut vingt ans après le décès de Degas et ressurgit dans cette exposition-événement organisée pour le centenaire du trépas de ce « fou de dessin ». Les textes de Valéry pour le livre, fruits de vingt ans d’amitié avec Degas, sont faits de réflexions autour du dessin et de l’art en général, de son regard sur Degas et de sa passion pour le mouvement, fut-il celui de la danseuse ou celui du cheval, tous les deux à l’assaut des limites de l’équilibre et de la gravité.

Thomas Hahn

Musée d’Orsay, jusqu’au 25 février 2018

 

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