Chaillot 2018/19 : « Tous Humains » !

Offensive et engagée, la nouvelle saison du Théâtre National de la Danse souligne la diversité et l’égalité des humains, au-delà de la danse.

La Déclaration universelle des droits de l’homme fut signée par l’Assemblée générale des Nations Unies, au Palais de Chaillot, le 10 décembre 1948. Soixante-dix ans plus tard, on compte de moins en moins de dirigeants politiques qui en respectent l’esprit. Inspiré par l’engagement des chorégraphes pour les valeurs républicaines et un meilleur vivre-ensemble, Didier Deschamps inscrit la nouvelle saison du Théâtre National de la Danse dans un sursaut en faveur des grands principes de la Déclaration universelle des droits de l’homme, à l’occasion des célébrations du 70e anniversaire de la signature. Tous Humains , la devise de cette saison, est donc « presque un emblème », selon Dechamps.

Veillée de l’humanité

Le Musée de l’homme et Chaillot s’associent pour une série d’événements, de décembre 2018 à juin 2019. Et la salle Jean Vilar accueillera, le 10 décembre, en association avec l’UNESCO, une Veillée de l’humanité, orchestrée par la metteuse en scène Anne-Laure Liégeois, où se croiseront sur le grand plateau de Chaillot Isabelle Adjani, Carolyn Carlson, Alonzo King, Dominique Mercy, Mathilde Monnier, Wajdi Mouawad, Ohad Naharin, Angelin Preljocaj, Lia Rodrigues, Eric Ruf, Kirill Sebrennikov et tant d’autres.

Contre la censure de l’art

Le second numéro de la revue L'Esplanade, éditée par le Théâtre national de la Danse, rebondira sur la Déclaration universelle des droits de l’homme et s’engagera contre la censure croissante qui frappe des artistes et leurs œuvres dans le monde. « Nous en sommes inquiets et tenons à protester contre toutes formes de censure. Le public aussi en est la victime quand il est privé d’accès aux œuvres, » souligne Deschamps.

L’esprit de Chaillot

Chaillot, Palais de la Danse: Sous la direction des historiens Pascal Ory et Pascal Blanchard, un livre à paraître en octobre 2018 retrace l’histoire du Théâtre de Chaillot, de l’Exposition universelle de 1878 à la reconstruction en 1937 et la tenue de l’Assemblée générale des Nations Unies en 1948, toujours en lien avec l’histoire artistique du lieu.

Pour conter la saga de Chaillot, les directeurs de  la publication, eux-mêmes historiens, ont fait appel à des spécialistes de la danse, aux artistes et  ceux qui ont écrit l’histoire de Chaillot, de Jack Lang à Lilian Thuram, Abd Al Malik, Ohad Naharin et tant d’autres. (1)

Une sculpture et des portraits

Le sculpteur congolais Freddy Tsimba sera en résidence à Chaillot pour monter uns sculpture faite d’objets de guerre, ramassés sur les champs de bataille. Composée essentiellement de douilles, elle représente une personne au bras coupé et sans tête, tenant un livre à la main. « C’est la première fois depuis 1937 qu’une œuvre d’art est installée à Chaillot », se réjouit Deschamps.

La vocation de Chaillot en faveur des droits de l’homme, qui dépasse le champ de la danse, se reflète aussi dans la brochure de saison. Pour la première fois, les illustrations ne reflètent pas les spectacles programmés. Didier Deschamps a fait appel au photographe Charles Fréger en le nommant artiste associé. Les portraits photographiques de Fréger montrent les humains de toutes les cultures, arborant des signes vestimentaires et symboliques de traditions culturelles du monde: Ne pas représenter les spectacles un par un, mais une communauté planétaire qui représente la communauté chorégraphique universelle, dans laquelle s’inscrit la saison entière.

Photographies de Charles Fréger pour Chaillot-Théâtre national de la Danse

Il serait donc impensable que la programmation danse reste à l’écart de ces principes. Comment elle se construit et s’articule est à lire ici : [lire notre avant-première]

Thomas Hahn 

(1) Chaillot, Palais de la Danse, octobre 2018, Somogy Editions d’Art.

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