Chaillot 17/18 : Une saison « peau neuve »

L’ouverture de la nouvelle salle Firmin Gémier au Théâtre National de la Danse fait  de 2017/18 une saison pas comme les autres.

C’est à l’occasion des Journées du patrimoine, du 14 au 17 septembre, qu’on découvrira pour la première fois à quoi ressemble, dans le réel, le « nouveau » Chaillot qui inscrit « Théâtre National de la Danse » sur sa façade, en grandes lettres dorées. La nouvelle salle Firmin Gémier, construite à partir de rien, autrement dit, dans un trou béant creusé par la démolition totale de l’ancienne salle, accueillera les festivités d’ouverture.

Les espaces à (re)découvrir

Tout change à Chaillot, mais il y a des modifications qui sautent aux yeux du public, et d’autres qui facilitent avant tout le montage des spectacles et le travail des techniciens. Pour commencer, Chaillot retrouve son accès historique par les jardins du Trocadéro et le public découvre les parties du foyer et autres espaces jusqu’ici condamnés. Et le foyer de la nouvelle salle Firmin Gémier se donne une petite allure à la Zaha Hadid, et à l’intérieur on dispose de 390 places dont chacune offre une visibilité parfaite, alors que l’ancienne salle privait tout de même une centaine de spectateurs d’une vue optimale.

Pendant le long week-end d’ouverture, on découvrira aussi que les nouveaux gradins sont rétractables. Le public en profitera dès 21h, l’heure du bal, animé par Blanca Li  ! Les artistes vont libérer la salle, après  que le public aura observé les répétitions de Jann Gallois et Emanuel Gat, et aura visité le théâtre avec Brigitte Seth et Roser Guberna.

Une position unique

Le troisième volet des nouveautés concerne avant tout les artistes. Didier Deschamps annonce un renforcement du dispositif « artistes associés » avec désormais six chorégraphes ! En soutenant ainsi Philippe Decouflé, Jann Gallois, Emanuel Gat, Rocío Molina [notre critique], Anne Nguyen et Lia Rodrigues, et en ouvrant le Studio Maurice Béjart à des résidences de recherche (sans obligation de créer, pour environ cinq compagnies par saison), Chaillot réinvente sa place dans le paysage chorégraphique.

Le public aussi en profite puisque dans le studio situé sous les escaliers des jardins du Trocadéro, les conditions, notamment acoustiques, n’étaient tout simplement pas optimales, le bruit des pas des touristes perturbant la plupart des représentations. La nouvelle salle Firmin Gémier bénéficie d’une isolation acoustique parfaite, comparable à celle d’une salle symphonique.

Mais ces bonnes nouvelles d’ouverture en cachent une autre... Et tout recommence. Chaillot fonctionnera certes pendant trois saisons avec les deux salles tournant à plein régime, mais ensuite la salle Jean Vilar fermera à son tour, pour les saisons 2020/21 et 2021/22, en raison d’une rénovation complète.

La programmation 17/18

La saison 17/18 se construit autour de plusieurs séries longues de grandes productions, avec les créations de Blanca Li, de Philippe Decouflé et de José Montalvo, et La Fresque d’Angelin Preljocaj. Autres points forts: Deux festivals bien contrastés, à savoir la troisième Biennale de l’art flamenco (Andres Marin, José Galván, Raffaela Carrasco...) et puis, en novembre, un Festival nordique avec Tero Saarinen, le Ballet Cullberg, Ina Christel Johannessen et quelques découvertes.

Dans les séries courtes, on verra les nouvelles créations de Yuval Pick, Anne Nguyen, Boris Charmatz, Tatiana Julien, Jann Gallois, Annabelle Bonnéry [notre critique], Fattoumi/Lamoureux, Christian Rizzo et Hervé Robbe. Et bien sûr aussi des compagnies internationales, avec Liquid Loft (Autriche), Paul André Fortier (Québec), Alonzo King Lines Ballet (USA), Lia Rodrigues (Brésil), la Sydney Dance Company (Australie), Dancenorth (Nouvelle Zélande) et Fabrizio Favale (Italie) - pour terminer la saison chorégraphique en fanfare, avec les Ballets de Monte Carlo.

Thomas Hahn

Chaillot -Théâtre national de la Danse

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