Ballet de l'Opéra de Lyon "31 rue Vandenbranden"

L’origine de ce spectacle est une pièce culte du collectif Peeping Tom qui réunit les chorégraphes Franck Chartier et Gabriella Carizzo : 32 rue Vandenbranden, créée en 2009. Pour sa reprise par le Ballet de l’Opéra de Lyon, la pièce a changé d’adresse, passant du 32 au 31 de la même rue. Façon subtile de signifier l’adaptation sur mesure pour des danseurs d’exception.

Galerie photo : Laurent Philippe

D'emblée, on se croirait dans un film : décor hyperréaliste avec ciel et montagne, ouvert à 180 degrés, cadrages multiples des personnages derrière les vitres de leurs mobile-homes... La dramaturgie d’Hildegard De Vuyst et Nico Leunen est hyper efficace. La chorégraphie, elle aussi, est digne d’un showrunner de génie, et déroule une histoire aux plans minutieux : Des gens isolés, coinçés dans un huis-clos constitué par deux caravanes, au pied d’une station de montagne. Du 3000 mètres. Pas d’horizon à part un ciel plutôt menaçant et la neige qui amortit les bruits et les chocs. De la ouate glacée qui fait froid dans le dos.

Galerie photo : Laurent Philippe

Pourtant, tout cela est d’une beauté sauvage, la danse se fait virtuose et l’on se prend à sourire dans cette déferlante d’émotions et d’actions. Car il y a du drôle et du dérisoire dans ces tableaux inopinés, où déboulent deux visiteurs étrangers… Il y a des scènes remarquables, comme celle de la tempête où les parapluies noirs sont prêts à s’envoler, des surprises gestuelles, des courbures insolites, et des cambrés vertigineux.

Galerie photo : Laurent Philippe

Ce 31 rue Vandenbranden raconte la passion à la vie à la mort, sur un fond musical de Juan Carlos Tolosa et Glenn Vervliet qui déforment des thèmes classiques comme l’Oiseau de feu de Stravinsky en partitions anxiogènes, sur lesquelles plane la voix d’ombre de la mezzo-soprano Euridike De Beul, qui nous interprète aussi un air de Pink Floyd tonitruant.

Galerie photo : Laurent Philippe

Sur fond d’étrangeté absolue et d’effets époustouflants, oscillant entre le rire et l’effroi, on se laisse emporter dans le tumulte de ce spectacle total de grande envergure où brillent absolument les danseurs du Ballet de l’Opéra de Lyon, tous plus excellents les uns que les autres, qui peuvent danser, jouer et même chanter avec une maîtrise et une facilité littéralement époustouflantes.
Agnès Izrine
Le 24 juin 2019, Festival Montpellier Danse, Le Corum.
Distribution
Ballet de l’Opéra de Lyon
Direction : Yorgos Loukos
Conception, chorégraphie et mise en scène : Gabriela Carrizo et Franck Chartier / Peeping Tom
Pièce pour 14 danseurs du Ballet de l’Opéra de Lyon
Caravane 1 : Aurélie Gaillard, Julia Weiss // De Passage : Marco Merenda, Albert Nikolli, Roylan Ramos, Paul Vezin
Caravane 2, porte 1 : Jacqeline Bâby, Kristina Bentz, Samuel Colbey, Adrien Delépine, Caelyn Knight, Lore Pryszo
Caravane 2, porte 2 : Alvaro Dule, Leoannis Pupo-Guillen
Mezzo-soprano : Eurudike De Beul
Dramaturgie : Hildegard De Vuyst et Nico Leunen // Figurants : Sophie Falam, Alexandre Pirocchi et Sophie Tonduf
Composition sonore : Juan Carlos Tolosa et Glenn Vervliet // Décors : Peeping Tom, Nele Dirckx, Yves Leirs et Frederik Liekens
Lumières : Filip Timmerman et Yves Leirs // Costumes : Diane Fourdrignier et HyoJung Jang
Production: Opéra de Lyon

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