Ayelen Parolin : « Hérétiques »

Un duo d'automates peut-il être à la fois inquiétant et burlesque, énigmatique et dadaïste? Le film muet est-il soluble dans les arts martiaux? Oui, veut croire la Bruxelloise Ayelen Parolin, chorégraphe d'origine argentine et ancienne interprète de Mathilde Monnier, Mossoux-Bonté et bien d'autres.

Accompagnés par une pianiste presque aussi mécanique qu'eux-mêmes, Marc Iglesias et Gilles Fumba s'activent sur des jambes raides. Le mouvement très précis et coordonné des bras est d'autant plus puissant, surtout dans les arrêts! Derrière l'unisson (qui finit par craquer sous grosse artillerie du piano), les tensions sont plus que palpables.

De tout ce qui pointe derrière la mécanique des gestes, de la folie à l'obsession, de la violence à l'énigme,

rien n'est développé. Alors que le piano devient de plus en plus jazzy, le jeu de miroir gestuel se dissout dans le passage vers le geste pur. Cependant, leur libération aussi reste trop vague et l'ensemble de ce duo de quarante minutes trop prévisible.

En somme, il y a là une idée et du matériau tout à fait intéressants, mais pas encore une pièce. Qu'à cela ne tienne, l'aboutissement de la recherche est prévu pour février 2016, en intégrant trois danseurs et un musicien traditionnel sud-coréens.

Thomas Hahn

25 et 26 février 2015, Les Hivernales d’Avignon, Théâtre des Doms, Avignon

 
Catégories: 

Add new comment