Alicia Alonso

Née le 21 décembre 1920 à La Havane, Alicia Alonso (de son vrai nom Alicia Ernestina de la Caridad dei Cobre Martínez Hoyo) était une légende vivante de la danse, elle est décédée à 98 ans le 17 octobre 2019 à La Havane.

Elle débute dans sa ville natale, à l’école de danse Pro-Arte musicale à l’âge de 10 ans. En 1937 elle épouse Fernando Alonso et le suit aux Etats-Unis en 1938 espérant y faire carrière. Elle y complète sa formation auprès d’Enrico Zanfretta, Alexandra Fedorova, Anatole Vilzak et d’autres éminents professeurs de la School of American Ballet.

De façon surprenante, elle ne débute pas dans le ballet mais dans les comédies musicales Great Lady (1938) et Stars in your eyes (1939) chorégraphié par Balanchine, avant d'intégrer, un an plus tard, l'American Ballet Caravan, dirigé par Jerome Robbins (futur New York City Ballet). Elle est engagée en tant que soliste en 1941 au Ballet Theatre (futur American Ballet Theatre) qui vient d’être fondé à New York. Elle y entame une des étapes les plus brillantes de sa carrière en interprétant les grandes œuvres du répertoire romantique et classique. Cette même année, on lui diagnostique un décollement de la rétine : elle doit rester allongée trois mois dans le noir pour préserver ses yeux. Elle continue à exercer ses pieds « pour les garder en vie ». Mais après trois interventions chirurgicales sans réussite, elle doit garder le lit un an, temps pendant lequel elle répète tous les ballets avec ses mains.

De retour au Ballet Theatre elle incarne dès 1943, au pied levé, une Giselle si inoubliable qu’elle est immédiatement nommée « Principal » (étoile). Elle interprète les premiers rôles dans des créations mondiales comme Undertow d’Antony Tudor, Theme and Variations de George Balanchine (1947) ou Fall River Legend (1948) d’Agnes De Mille où elle peut donner libre cours à son talent de tragédienne. Elle devient dès cette époque l’une des étoiles les plus en vue, et tourne à travers le monde, malgré sa vision restée défaillante. Danseuse d’un style raffiné et précis, virtuose aux pointes d’acier, elle est également une interprète dramatique exceptionnelle. Et ce, malgré son handicap. Elle dansait grâce à un système ingénieux  de repères lumineux disposés sur scène.

En 1948, elle rentre définitivement à Cuba où elle crée sa propre compagnie, le Ballet Alicia Alonso et une école. De nombreux danseurs du Ballet Theatre la rejoignent. Son mari en est directeur, son beau-frère, Alberto Alonso, formé par les grandes figures des Ballets russes de Diaghilev y occupe le poste de directeur artistique, tandis qu’Alicia est Prima Ballerina. Durant cette période, elle continue sa carrière américaine et internationale. En 1953, elle monte et se produit dans sa propre version de Giselle à l’Opéra de Paris.

Vidéo en espagnol (mais tout le monde peut comprendre !)

Dans les années 50, le dictateur Fulgencio Batista lui mène la vie dure et lui coupe les subsides. En 1956, elle ferme son école et part aux Ballets Russes de Monte-Carlo avec Igor Youskevitch avec lequl elle forme un couple légendaire. Elle y reste jusqu’en 1959.
En arrivant au pouvoir, Fidel Castro lui demande de revenir et lui alloue une somme de 200 000 $ avec la promesse de subventions annuelles pour fonder une nouvelle école et le Ballet national de Cuba.

Elle poursuit jusqu’en 1995 une carrière de danseuse d’une longévité exceptionnelle. Figure emblématique de la danse cubaine, elle est l’une des grandes Prima Ballerina Assoluta du XXe siècle. Ses versions chorégraphiques des grands classiques (Giselle, Grand Pas de Quatre, La Belle au bois dormant, Don Quichotte…) sont mondialement connues, et ont été interprétées par les Ballets de l'Opéra de Paris, de Vienne et de Prague, ainsi que par le Ballet San Carlo de Naples ou celui de la Scala de Milan.

Elle n’a jamais cessé d’enseigner au Ballet de Cuba, ni de chorégraphier. En 2002, elle est nommée ambassadrice de bonne volonté de l'UNESCO pour sa contribution au développement et à la sauvegarde de la danse classique

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